Rénovation écologique et auto-construction en Haute Loire

Publié le par Helene

Claire est notre invitée cette semaine.
Claire et sa famille voulaient depuis longtemps vivre au plus près de la nature et de ses rythmes.
Ils se sont lancés dans la rénovation écologique d'une ancienne ferme en Haute Loire, en partie en auto- construction, avec le souci de vivre avec les enfants dans un environnement sain. La seconde partie du projet (après l'habitat) sera de tenter de subvenir le plus possible à leurs besoins alimentaires grâce au terrain. Claire a créé un blog racontant son aventure.
Elle nous livre ici quelques unes de ses réflexions...
Hélène


Etre et avoir...
 
Notre projet d'auto / éco-rénovation  d'une ancienne ferme en Haute Loire et d'installation en territoire rural nous permet de réfléchir un peu plus sur ces deux termes habituellement antagonistes.
Voici donc une petite interprétation personnelle de ces deux verbes.
Pourquoi ne  pas " avoir " (voir mes reves d'avoir ci-dessous) pour " être ses rêves " ?
 
Mon " être " :  
Devenir ce que je veux être vraiment, me donner les moyens de faire vivre mes rêves, mettre nos projets en mouvement, établir le cahier des charges de nos future nouvelle vie, faire la liste de ce que l'on veut pour l'avenir de nos enfants...
Bref, devenir acteur de notre vie, et non la subir... comme l'écrivait  Pablo Neruda  dans son poème " Il meurt lentement..." ...
 
Mon " avoir "  :
Le verbe "avoir"  dans notre société signifie bien souvent "posséder" des objets dont nous n'avons au final pas tellement besoin, qui sont le plus souvent jetés. Un gâchi d'energie, de CO2, de matières premières déjà au bord de l'épuisement.
L'  "avoir" prime alors sur l' " être" délaissé dans notre société où tout n'est que consommation.
Mais, je prends ici le parti de modifier la conception habituelle du verbe " avoir".
 
Mes principaux  rêves d ' "avoir"  sont :
AVOIR  un habitat sain dont l'environnement puisse nous permettre de vivre à la fois proche de l' autosuffisance ( alimentaire, énergétique, en eau...)  et des circuits courts ( AMAP, vente directe des producteurs...)
AVOIR une alimentation saine et respectueuse de l'environnement , pour nous , mais surtout pour nos enfants ( à ce propos, l'excellent film Nos enfants nous accuseront )
AVOIR une vieille roulotte au fond du jardin que je pourrai restaurer...
AVOIR un atelier pour créer de mes mains à mes heures perdues
... que sais-je encore,  ils sont si nombreux !
 
AVOIR, c'est donc aussi : faire soi -même, avoir des compétences , acquérir des savoir-faire ( les techniques de l'éco-rénovation,  la couture, le jardinage, la cuisine...) et les réinvestir selon les besoins du moment. Je pense en fait que tout un chacun est capable d'acquérir les compétences qu'il ne soupçonnait pas en dehors du projet qui soutend notre vie.
 
 AVOIR , c'est aussi rechercher localement  les produits et savoirs -faire que nous ne possédons pas. J' évoquai  plus haut des circuits courts d'approvisionnement, la relocalisation des activités. Ainsi, pour le gros oeuvre de notre rénovation, nous nous sommes attachés à choisir des artisans du pays: maçon, charpentier, lauzeur sont ancrés sur le territoire. Les matériaux (lauzes, pierres de taille, bois...) proviennent des environs et cela participe à l'économie locale.
 
En conclusion, AVOIR et ETRE sont deux verbes que l'on peut accommoder, selon l'interprétation qu'on leur donne. Chez nous, ils revêtent des tons différents : FAIRE,  pour AVOIR et ETRE.
 
  Claire

  PS: le poème de Pablo Neruda:

Il meurt lentement 
Celui qui ne voyage pas, 
Celui qui ne lit pas, 
Celui qui n’écoute pas de musique, 
Celui qui ne sait pas trouver 
Grâce à ses yeux. 

Il meurt lentement 
Celui qui détruit son amour propre, 
Celui qui ne se laisse jamais aider. 

Il meurt lentement 
Celui qui devient esclave de l’habitude 
Et faisant tous les jours les mêmes chemins, 
Celui qui ne change jamais de repère, 
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements 
Ou qui ne parle jamais à un inconnu. 

Il meurt lentement 
Celui qui évite la passion 
Et son tourbillon d’émotions, 
Celles qui redonnent la lumière dans les yeux 
Et réparent les cœurs blessés. 

Il meurt lentement 
Celui qui ne change pas de cap 
Lorsqu’il est malheureux 
Au travail ou en amour 
Celui qui ne prend pas de risques 
Pour réaliser ses rêves, 
Celui, qui pas une fois dans sa vie, 
N’a fui les conseils sensés. 

Vis maintenant !! 
Risque toi aujourd’hui !! 
Agis tout de suite !! 
Ne te laisse pas mourir lentement !!
 

Publié dans Témoignage

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matériaux construction écologique rhone 22/06/2015 14:27

Très beau poème merci !

Badu 20/10/2009 22:07


Bonjour, page intéressante, article sensé et commentaires profonds; un ressentie vraiment très positif.
Je vous souhaite d'avoir réalisé votre rêve.
Et merci pour ce poème.
***


concierge+durable 19/05/2009 11:10

Merci pour ce poème, je vais l'ajouter dans mes affichages devant mon bureau...il me servira dans les moments de doutes par rapport à mon projet professionnel www.concierge-durable.com (pas de vie, là je suis assez sûre de moi). Il va rejoindre un article paru dans le Financial Times (comme quoi tout el monde peut surprendre...) au sujet d'Anita Roddick la fondatrice de The Body Shop qui disait:
"Pour réussir il faut vouloir changer le monde. Etre à l'affût, partout à tout instant, avec tous ses sens. Mettre l'accent sur la créativité. Il est essentiel pour tout entrepreneur de créer un climat qui encourage ses collaborateurs à avoir des idées. Avoir la passion des idées; d'une idée qui l'obsède un chef d'entreprise veut faire un moyen de subsistance pas forcément une entreprise. Entretenir sa capacité d'indignation, car l'insatisfaction nous incite à l'action. Croire en son intuition car la frontière entre esprit d'entreprise et folie est ténue."...

Ainsi qu'une autre pensée, rapportée par Jean-Claude Carrière: "Suivez ceux qui cherchent la vérité, fuyez ceux qui l'ont trouvée".

estelle 03/05/2009 11:59

très joli projet et surtout très courageux (je parle de l'auto-suffisance), je vais aussi imprimer le poème qui est une source d'énergie, je file faire un tour sur votre blog...bonne continuation.

ervalena 03/05/2009 08:42

c'est tout à fait ce que je pense et le poème résume exactement ce que je ressens, car moi aussi à 55 ans, je suis à l'orée d'un changement non pas climatique, mais professionnel... Je vais avoir moins de revenus, donc je profite de cette période intermédiaire pour acquérir les compétences qui me manquent. to be or not to be that is the question, déjà Shakespeare en parlait de cette remise en question!!!
Je crois que je vais copier-coller le poème pour me rappeler à chaque instant ce que je dois pas perdre de vuze et qu'en cas de baisse de moral, eh bien c'est cela qui compte: être soi même!