Pardonnez-moi... (l'invitée du vendredi)

Publié le par Helene

Martine est passée d' une grande boîte de pub à devenir "concierge durable" comme elle aime à se présenter (son site ici: pour les entreprises et salariés qui veulent recourir facilement aux solutions durables.) Un peu comme je suis moi-même passée de commerciale à enseignante: un beau jour, on n'en peut plus et ça devient évident...
Bonne chance Martine, dans cette nouvelle aventure!

Hélène

P.S.: Dans un autre registre, samedi soir, quoique vous fassiez de 20h30 à 21h30, faîtes-le dans le noir!
Un geste simple mais fort pour la planète... C'est "Earth Hour 2009"



Pardonnez-moi, car j’ai péché. Par action et par omission…

J’aimais les animaux, nous en avons toujours eu à la maison qui venaient de la rue ou de la SPA, et je me lamentais devant les images des animaux en batterie. Je pensais que c’était le maximum que je puisse faire.

La terre, je la respectais, au cours de mes balades, puisque je ne jetais pas de papier, je n’arrachais pas de fleurs. Et je croyais que c’était déjà beaucoup.

Lorsque j’étais étudiante, je mangeais équilibré…mais uniquement des plats préparés, des légumes et fruits sans avoir aucune idée de leur saisonnalité, sans jamais regarder la liste des colorants et conservateurs. Je n’avais pas compris pas que cela avait de l’importance.

Quand il a fallu décider de mon orientation professionnelle, je cherchais juste un métier où il ne fallait pas trop travailler. Alors me voilà, par chance ( ?) stagiaire dans une des plus grandes agences de l’époque : Roux Séguéla Cayzac et Goudard. Grâce aux honoraires obtenus par l’agence, nous pouvions profiter de fêtes extraordinaires à Versailles, ou encore dans les locaux de l’agence. Parfois en 1 journée, nous pouvions participer à 3 fêtes, avec buffet, champagne, musique…

J’étais donc globalement un gentille jeune fille, honnête et équilibrée qui s’amusait, sans penser plus loin que ça.

Puis nous avons connu aussi à ce moment là, la crise, une autre. Les relations dans les agences se sont durcies, on riait moins, chacun se battait pour sa place au détriment de celle du voisin.
Le monde de la publicité qui m’avait amusée, sans que jamais je ne le prenne au sérieux m’apparaissait dans toute sa superficialité. Je me demandais ce que je faisais là ?
Ca tombait bien d’ailleurs, puisque l’agence dans laquelle j’étais à ce moment là, en était arrivée également à la même conclusion:  « Que fait-elle là ? »

Je consacrais mon temps à découvrir internet. Enfin un moyen de pouvoir obtenir des infos immédiatement, d’échanger sans limite, de voyager virtuellement…puis réellement.
Grâce à des contacts que l’on m’avait donnés j’ai voyagé, seule avec mon sac à dos, avec un budget minimum, dans le respect des populations autochtones, de la flore et de la faune, et en limitant mes déchets, mais sans réfléchir à l’impact de mon billet d’avion, ni à celui d’un tas de petites actions que j’allais faire là-bas.

Je sais aujourd’hui que les voyages en avion ne sont pas écologiques et ont des conséquences importantes, mais, quitte à vous choquer, je vous confesse que je ne les regrette pas. Ils m’ont ouvert les yeux sur bien des aspects de la vie, de ma vie, de ma personnalité. J’ai appris que les choses que l’on m’avaient enseignées comme étant LA vérité, ne l’étaient pas. J’ai découvert qu’il n’y avait pas 1 façon de vivre mais des milliers.

Petit à petit les boutiques parisiennes de luxe me sont apparues comme des lieux inutiles alors qu’elles me faisaient rêver avant. Moi qui étais en transe devant des vêtements, je me suis mise à me demander avant chaque achat « est-ce que cela va vraiment changer ma vie ? »
La réponse était bien souvent NON.

Et à partir du moment où vous changez à ce point et que vous n’aimez plus les choses futiles, les relations superficielles, vos anciens amis vous trouvent soudain « trop »…trop ci ou trop ça mais trop. Et vous les découvrez « pas assez ».
Il est alors temps de changer de milieu, de ville, d’amis.

J’ai eu la chance de pouvoir le faire par étapes en travaillant pour un site Internet sur les loisirs, qui privilégie les échanges, la transmission de bons plans grâce au bouche à oreille.

Ma soif d’échange était ainsi satisfaite. Mon impression d’agir aussi, même si cela se limitait aux loisirs.

Et surtout cela m’a permis d’arriver à Marseille, grande et petite ville à la fois. J’ai rencontré de nouvelles personnes, des gens qui étaient « trop » comme mon nouveau moi. A force de discuter avec certains, j’ai soudain réalisé que des paysans étaient en train de fermer leur exploitation parce que moi j’achetais des légumes venus de n’importe où, à n’importe quel moment et à n’importe quel prix.

Une de mes collègues m’a fait rencontrer l’initiative du « panier paysan » qui apporte à domicile des produits de la région, venant de producteurs qu’il a sélectionnés. A partir de là j’ai préféré acheter des légumes qui ont une histoire, du goût, une saison et qui viennent d’une terre riche et durable.
N’ayant jamais réellement cuisiné auparavant, cela m’obligeait à recevoir des légumes que je ne connaissais même pas (topinambours, panais…). Heureusement il y a toujours eu des recettes pour ne pas se sentir totalement perdu.

  J’apprécie aussi l’idée de donner mon argent à de vrais producteurs qui aiment leur travail, la terre, leurs animaux plutôt qu’à des «exploitants » qui justement exploitent des ouvriers, des sols, sans se soucier de l’après.

J’aime aussi l’idée que je nourris sainement ma fille, lui permettant de découvrir des tas de saveurs...

C’est alors qu’a réellement commencé ma rédemption, (ou transformation ?) car une réflexion en a amené une autre, puis une autre…et aujourd’hui je suis ravie de savoir que je n’ai pas encore atteint mes limites.

Pardonnez-moi car j’ai péché, mais c’était surtout par ignorance.


Martine, alias  Concierge durable



Publié dans Témoignage

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terreetmer 04/05/2009 00:35

Bonsoir Helene,

Merci pour le com :)) j'ai lu un peu votre blog et j'aime votre façon d'exprimer cette prise de conscience et tout ce qui en decoule c'est vraiment tres positif ça fait plaisir à lire. j'aimerai lire plus souvent ce que les autres publie mais le temps n'est pas elastique, flute ! je vais faire un retour sur votre blog il y a de la ressources qui donneront des idées aux gens, ça motive bien ;-) de mon côté je m'apperçoie que cela fait bientot 30 ans que je fais de la decroissance sans le savoir, comme je n'ai jamais eue un rond j'ai appris a me debrouiller avec les moyens du bord, en faite je n'ai jamais courru apres ce fric qui pourri les esprits, je suis legerement anti pognion,anti mensonge ... ça m'a amusé de voir ecris "Séguéla" car j'ai fait aussi des etudes de pub va savoir pourquoi car ma mentalité va a contre courant de cette arnaque,aujourd'hui je pourrais être "riche" mais comme je n'ai jamais travailler dans cette branche... tout ça pour dire qu'il est plus aisé a quelqu'un d'être decroissant quand il c'est serre la ceinture depuis des années, ce qui ne veut pas dire que l'on vit mal au contraire on prend conscience de la valeur des choses et le plaisir est encore plus grand quand on arrive a obtenir ces souhaits,par contre pour une personne qui a toujours eu les moyens c'est beaucoup plus dur de faire machine arriere, c'est pourquoi je vous dis bravo, votre demarche est exemplaire
je me suis un peu etalée on dirais ...
Bonne continuité ;-)
Anne

emmanuelle daviet 02/04/2009 11:35

Bonjour
Je suis journaliste à France inter et France Info, me serait-il possible d'entrer en contact avec vous pour vous consacrer un reportage? Je suis spécialiste de la consommation et donc très intéressée par votre remise en cause globale de la façon de consommer. Vous pouvez m'écrire sur mon mail ou bien me contacter au 01 56 40 41 76.
D'avance merci,
Emmanuelle Daviet