Un hiver en Simplicité Volontaire... (l'invitée du vendredi)

Publié le par Helene

Leezie vit dans le sud de la France. Elle a décidé, depuis l'an dernier, de se passer de chauffage... Elle nous raconte ci-dessous son hiver...

 

Son expérience m'a touchée, parce que nous avons fait presque la même... sauf que nous ne l'avions pas choisie au départ! En effet, nous avons emménagé dans une nouvelle chambre (isolée mais non-chauffée) en janvier. Résultat: entre 6 et 14 degrés... On s'en est sorti avec 4 couvertures (on est super frileux!) une bouillotte et 10 min de chauffage à huile avant de se coucher. Et maintenant que l'hiver est fini, je me rends compte qu'on a bien dormi, qu'on n'est pas tombé malade... et je ne pense plus à faire mettre un radiateur dans cette chambre. J'ai même l'impression d'être devenue moins frileuse!

Mais comme les enfants, qui sont encore petits, ne voulaient plus y entrer, je crois qu'on n'est pas encore prêt pour supprimer le chauffage dans toute la maison!...

Hélène

 

 

ciel-d-hiver.jpg

ciel d'hiver - mi-figue.miraison

 



Mon truc de cette année, ça a été le chauffage électrique, que j'ai carrément supprimé (me prouvant ainsi à moi-même qu'à Nice, on pouvait passer l'hiver sans chauffage, sous certaines conditions. Je suis évidemment consciente de la douceur du climat, à Montréal ce serait plus dur:-) )  

Je viens de finir mon 2ème hiver sans chauffage. Pas un rhume, pas de grippe ni gastro, du bon sommeil, rien que du positif, sauf très rarement quand la température baisse vraiment (je n'ai plus vingt ans depuis longtemps :-) ).

La différence sur la facture, aussi, je ne vous dis pas (tous mes chauffages sont électriques)....

Les outils nécessaires pour l'année sans chauffage (ou ailleurs qu'ici, région particulièrement douce) ou avec forte économie de chauffage :

- une bonne isolation si on peut faire les travaux pour. Evidence, bien sûr. Chez moi, ce n'est pas parfait, loin de là, je pourrais faire bien mieux, mais je suis en location, je n'ai pas envie de faire ces gros travaux.

- deux gros pulls bien chauds en laine et confortables pour le soir. S'il faut, couverture, plaid pour lire, travailler ou regarder des films.

- une très bonne couette, c'est vraiment l'essentiel.

- une bouillotte pour les cas où la chaleur corporelle (un vrai moteur qu'on a tendance à oublier) ne suffirait pas.

- faire attention à la qualité de l'alimentation, qui influe directement sur le réchauffement du corps. Pas possible d'avoir chaud si on mange des produits non complets et de mauvaise qualité (j'ai essayé, c'est flagrant). Moi aussi, j'ai déserté les supermarchés, et j'essaie d'être très stricte sur les dépenses alimentaires, tout en étant très exigeante sur la qualité (avec l'idée que je n'ai pas envie d'être une "privilégiée" qui mange bio parce qu'elle peut se le permettre).

- repérer les moments difficiles (le soir, après une journée de travail et une marche de retour après le boulot, juste après le repas quand les aliments ne sont pas encore un carburant) et prévoir pour ces moments des solutions : douche chaude pour le retour, tisane pour après le repas...
Et les moments faciles (le matin quand le sommeil crée une bulle de chaleur interne intense) pour faire les tâches les plus dures de la journée.

- au lieu de constamment protéger son corps du froid, et le laisser vivre dans du coton, au contraire l'exposer au froid, au moins un peu, pour qu'il s'adapte, ça l'oblige à faire des efforts et ça le fortifie.

- bizarrement, l'an dernier, le fait d'avoir supporté le froid l'hiver m'a aidée à supporter la grosse chaleur l'été (qui est pénible ici car humide), ce fut la grande surprise de l'année... Comme quoi les saisons sont vraiment naturelles dans un certain sens.

 

Je n'arrive pas vraiment à comprendre l'égoïsme des gens, qui me déclarent (un de mes étudiants) : "Ah mais moi j'aime bien me balader et avoir très chaud, 25 degrés dans mon appartement, quand il fait froid dehors!" C'était la même semaine où il y avait justement ces problèmes de surconsommation et possibilité de coupures. Je n'ai rien dit, ça me paraissait tellement énorme, non pas tellement qu'il le fasse, mais que ça ne lui apparaisse pas du tout comme quelque chose qui pourrait poser problème. Hallucinant.
Alors qu'à quelques dizaines de mètres plusieurs SDF dormaient dehors....

 

Moi, qui ai eu longtemps l'impression d'être vraiment une archi farfelue pas comme les autres, je suis heureuse de découvrir que nous sommes de plus en plus nombreux à réduire nos consommations de chauffage, de produits de supermarché, de télé, etc...

 

Leezie

Publié dans Témoignage

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flo77150 26/02/2016 17:34

Merci pour les conseils ^^

Intriguée 14/10/2011 15:03


Je ne comprends pas bien l'intérêt de se passer de chauffage alors qu'il fait froid. Je trouve cela ni bien, ni mal en soi; disons simplement que cela m'intrigue.

Au-delà de l'aspect écolo, je me demande si ce n'est pas lié (de façon consciente ou inconsciente) à certaines valeurs dérivées du catholicisme: apologie de la souffrance notamment, voeux de
pauvreté, etc.


JM 09/01/2011 09:01


C'est super intéressant de vous lire. Chaque personne à son expérience de ne pas passer un hiver sans chauffage. Je perçois que vous provenez de la France ou Belgique. Or, moi je proviens du Canada
province Québec et je me demande bien si ici il y a quelques personnes qui l'ont déjà fait. Je ne sais pas si au Québec on serait capable, l'hiver la température ronronne toujours entre -5 et -15.
Et les grands froids (-20 à -30). Bref, un jour je vais essayer et vous me donner le goût de l'essayer également. D'après vous avec des température comme cela au Québec serais-je capable de le
faire?


marcuswilm 09/11/2010 20:57


sur 4 saisons (dont un hiver plus froid que d'habitude en Belgique), j'ai consommé moins de 30 m3 de gaz naturel et environ 1200 kw d'électricité. Coût annuel facturé pour ces deux types d'énergie
: un peu plus de 300 euros.

Durant les semaines les plus froides de l'hiver, la température ambiante dans la pièce de séjour descend jusqu'à 5 degrés (côté sud) et frôle zéro degré dans la salle de bain (côté nord).

Comment vivre confortablement dans ces conditions ?

1/ ne pas prendre de bain ou de douche chaude.
Pour une toilette sommaire (visage, cou, bras, épaule, aisselles, poitrine), je chauffe un litre d'eau dans une casserole sur ma cuisinière au gaz. Cela me permet de tiédir les deux ou trois litres
d'eau savonneuse versée dans un petit bassin en plastique et je me rince à l'eau froide.

Pour une toilette complète, je chauffe trois ou quatre litres d'eau dans un plus grand récipient. Ainsi j'en utilise la moitié pour tiédir l'eau de rinçage versée dans un deuxième bassin.

Mon hygiène est irréprochable; mon linge de corps reste propre et sans odeur pendant plusieurs jours. Donc moins de lessives.

Deux lessives (en moyenne) par mois. Pour les vêtements, je lave à l'eau froide. Pour les draps de lit et de bains, je lave à trente degrés.

Je fais la vaisselle à l'eau froide (sauf si l'eau du robinet est trop glacée, alors je chauffe un litre d'eau dans une casserole et je mélange cette eau chaude avec de l'eau froide dans un grand
récipient. Je rince à l'eau froide.

Consommation moyenne d'eau par jour : environ 70 litres (car je fais quatre grosses lessives par mois pour ma mère).

Et pour mon confort durant les mois les plus froids, je passe une grosse partie de mes journées et toutes mes nuits dans ma grande tente igloo (modèle pour 2 personnes) dans laquelle j'installe mon
matelas posé sur un Lattoflex (d'où possibilité de transformation en fauteuil grâce à quelques astuces). Mon ordinateur (un Quad Core) et l'écran plat 22 pouces font monter la température dans la
tente à 20 degrés minimum (alors que la température à l'extérieur de la tente atteint 5 degrés à peine).

Ma position assise dans la tente est très confortable et surtout plus de mal de dos et de mains glacées que cause la position assise sur une chaise devant un clavier dans un local (très) froid.

Et avec les calories que mon corps ne dépense pas durant ces longues heures passées dans la tente, je peux faire des ballades en vélo (tant qu'il n'y a pas de verglas) pendant une heure ou deux.
Ainsi j'oxygène mon sang et j'abaisse mon taux de cholestérol.

(beaucoup de mots : même normaux, nos mots sont mos maux - words are worse than swords - woorden worden wormen)


anne 15/07/2010 23:57


Bonjour, j'ai passé un hivers sans chauffage et eau chaude, j'habite à 30 km de Bruxelles, c'était une expérience plutôt valorisante...après, sortie renforcée et étonnée de la réserve de résistance
physique et mentale. Les nuits, bouillotte, couette, couverture....mais le sommeil est beaucoup plus profond. Heureusement que j'avais installé un poêle à bois et chauffé quelques minutes la salle
de bain avec un radiateur électrique.Finalement, on est plus résistant qu'on ne le pense....