Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 11:38
- Par Helene

Ce moi-ci, je vous conseille la lecture d'un dossier de 6 pages dans la revue QUE CHOISIR intitulé 

 

Consommation collaborative: Nouvelle ère ou bulle marketing?

 

Qu'un magazine sur la consommation fasse tout un dossier sur l'économie de partage, c'est suffisament rare pour le noter! (lire un extrait plus loin.)

Pourtant, ne criont pas victoire trop vite: les journalistes terminent tout de même leur dossier par le chapitre "A vos risques et périls"... Dommage de finir sur une note négative! (même s'il est bien sûr nécessaire de prendre ses précautions sur le net, comme toujours.)

Je vous en recommande néanmoins la lecture, parce qu'on se sent moins seul et ça fait plaisir de voir que de plus en plus de gens s'y mettent, même si tous n'ont pas la même motivation (raisons économiques et non plus raisons écologiques.) Peu importe, la planète s'en fiche, l'important c'est de moins et mieux consommer...


Bon, moi, perso, je préfère utiliser mon réseau de copines, quartier, famille... pour donner ou emprunter ce dont j'ai besoin; c'est toujours plus sympa de pouvoir parler à une personne en face de soi ou au téléphone. Mais je reconnais que ça n'est pas toujours possible, et je dois ainsi régulièrement utiliser la liste Freecycle pour écouler divers objets...

 

Et vous, qui n'êtes peut être plus un néophyte en la matière, avez-vous l'impression que les gens s'y mettent à l'économie de partage, autour de vous?

 

Hélène

 

Ci-dessous, l'éditorial de Jean-Paul Geai, rédacteur en chef à Que Choisir:


Consommer autrement

Et si on consommait moins ? La question peut paraître saugrenue alors que la consommation est l’un des poumons de la croissance économique. Pourtant, l’idée fait son chemin. Ce mois-ci, Que Choisir ouvre le dossier de ce que certains appellent l’« économie du partage ». ­Donner, louer, troquer… Crise oblige, de plus en plus de personnes optent pour un nouveau modèle de consommation. ­Vêtements, aliments, objets et petits services : tout s’échange sans obligatoirement passer par l’acte d’achat. De quoi sérieusement ébranler la société de consommation telle que nous la vivons depuis une cinquantaine d’années. Ou de la repenser différemment. Est-il utopique d’imaginer un système où la finalité de la consommation ne serait plus l’acquisition d’un produit pour lui-même mais pour son utilité ? Il s’agirait alors de passer d’une économie de la quantité à une économie de la qualité où la priorité serait de satisfaire utilement les besoins des gens. C’est l’idée que défend l’économiste Philippe Moati, professeur à Paris-Diderot. Pour lui, les tensions sur le pouvoir d’achat ouvrent l’opportunité de la mise en place d’un modèle de consommation appelant un régime de croissance différent, ­davantage centré sur l’optimisation de la dépense, la qualité, la consommation « utile », la réduction des gaspillages et le respect des contraintes environnementales. Une économie où la durée de vie du ­produit et sa « réparabilité » prendraient toute leur place. Aujourd’hui, le commerce se transforme : la consommation de masse s’essouffle, la fréquentation des centres commerciaux est en baisse, le ­développement d’Internet accélère cette mutation. « Le commerce opère un ­retournement fondamental, écrit Philippe Moati (1). Il passe d’une orientation/produit à une orientation/client. Alors qu’il fonctionnait selon une logique descendante, consistant à acheminer les produits des usines jusqu’aux consommateurs, il s’oriente ­désormais vers un mode de fonctionnement ascendant visant l’apport de solutions ­pertinentes aux problèmes de consommation des clients. » Remettre le consommateur au centre des préoccupations donnerait un sens nouveau à la vie économique.

 

 

Vous pourrez lire plus loin, dans le dossier (p.46):


... Désignée l'année dernière par le magazine  Time  comme l'une des dix idées qui vont changer le monde, la consommation collaborative a ses militants convaincus, ses sites emblématiques  et sa papesse, Rachel Botsman, une jeune américaine charismatique douée pour les formules qui font mouche: "Combien d'entre vous possèdent une perceuse?", demande-t-elle aux auditeurs de ses conférences, dont la plupart lèvent alors la main. "Vous allez l'utiliser 12 ou 13 minutes pendant toute sa durée de vie. Or, ce dont vous avez besoin, ce n'est pas de la perceuse, c'est du trou!"

 

Merci Rachel! 

 

Quelques sites:

Merci de nous donner ici vos impressions (en commentaire) sur ceux que vous avez déjà utilisé, ou sur d'autres...

Pour les dons d'objets:

www.donnons.org

fr.freecycle.org

Pour les dons d'ordinateurs:

don.ordi.free.fr 

Pour les "trocs parties":

www.les-bons-plans.fr 

www.chacunsatribu.com

Pour les vacances: échanges de maisons et couch surfing (relire l'article de Clémence de mai 2008!)

www.echange-maison.net

www.trocmaison.com

fr.homeforhome.com

 

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Publié dans : Décroissance/Simplicité Volontaire
Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 22:19
- Par Helene

Anne vit à Sandaï au Japon à une heure au nord de Fukushima. Elle raconte ici, sous forme de lettre à ses proches, sa vie quotidienne depuis la grande vague. Cette simplicité n'est certes pas volontaire et choisie de longue date, mais oh combien poignante. J'ai trouvé ce témoignage boulversant car il donne une autre vision de ce qui est en train de se dérouler...

 

Hélène

ps: merci à Philippe qui m'a envoyé ce texte qui force à penser: "qu'est-ce que l'essentiel?"

 

 

 

 

"Salutations à ma très chère Famille et à mes Amis,


Les événements ici à Sendai ont été plutôt surréels. Mais je me sens bénie d'avoir des amis merveilleux ici qui m'aident énormément. Depuis que ma hutte mérite encore plus son nom, je suis hébergée chez une amie. Nous partageons nos vivres comme l'eau, la nourriture et un chauffage d'appoint au kérosène. La nuit nous dormons alignés dans une pièce, nous mangeons à la lumière des bougies, nous nous racontons des histoires. C'est chaleureux, amical et beau. Pendant la journée nous nous aidons les uns les autres à nettoyer ce qui reste de nos maisons. Les uns sont dans leurs voitures, regardant les informations sur l'écran de navigation, les autres font la queue pour avoir de l'eau potable lorsqu'une source devient disponible. Si quelqu'un a de l'eau courante dans sa maison, il le signale à ses voisins par une affiche ; ainsi ceux qui le désirent peuvent venir remplir leurs sceaux et leurs bidons.

 

Chose étonnante ici où je suis, on ne pille pas et il n'y a pas de bousculade dans les queues. On laisse les portes d'entrée ouvertes, parce que c'est moins dangéreux en cas de nouveaux tremblements de terre. Les gens ne cessent de répéter, "Ah, c'était comme ça autrefois lorsque nous nous aidions les uns les autres." La terre continue de trembler. La nuit dernière il y avait des secousses toutes les quinze minutes. Les sirènes sonnent continuellement et les hélicoptères survolent la ville en permanence.

 

Hier soir nous avions de l'eau courante pendant quelques heures, et maintenant nous avons de l'eau durant une demie journée. L'électricité est revenue cet après-midi. Nous sommes toujours privés de gaz. Mais tout ceci est par secteur. Certaines personnes sont dépannées, d'autres pas. Personne n’a pu se laver depuis plusieurs jours. L'hygiène nous manque, mais il y a pourtant des choses plus importantes que cela. J'aime le fait d'être réduit aux essentiels. De vivre complètement au niveau de nos instincts, de l'intuition, de prendre soin des autres, de ce qui est nécessaire pour la survie, pas seulement pour moi, mais pour tous.

 

D'étranges univers parallèles apparaissent. Les maisons sont détruites dans certains endroits, et au milieu on trouve une maison avec futons (édredons) ou le linge qui sèche au soleil. On voit des gens qui font la queue pour l'eau et la nourriture, et en même temps on voit d'autres gens qui promènent leur chien. Tout ceci a lieu simultanément.

Il y a des moments inattendus de beauté, comme le surprenant silence pendant la nuit. Il n'y a pas de voitures. Il y a personne dans la rue. Et le ciel la nuit est parsemée d'étoiles. Normalement je peux voir seulement deux étoiles, mais maintenant le ciel entier est rempli d'étoiles. Les montagnes de Sendai sont solides et avec l'air vivifiant nous pouvons voir leurs silhouettes majestueuses contre le ciel de nuit. Et les Japonais eux-mêmes sont si merveilleux. Chaque jour je retourne à ma hutte pour vérifier l'état des choses, et maintenant d'envoyer cet e-mail depuis que l'électricité est revenue, et je trouve de la nourriture et de l'eau laissées sur le pas de la porte. Je n'ai aucune idée qui les a laissés, mais ils sont là.

 

De vieux messieurs avec des chapeaux verts vont de maison à maison pour voir si tout le monde va bien. Les gens parlent aux étrangers, leur demandant s’ils ont besoin d'aide. Je ne vois pas de signes de la peur. La résignation, oui, mais la peur ou la panique, non. On nous a dit qu'il y aura des post-sécousses et même d'autres tremblements de terre importants, et ceci pendant au moins un mois ou plus. Et nous ressentons la terre continuer à trembler, des roulements, des secousses et des bourdonnements. Je me sens bénie d'habiter une partie de Sendai qui est en surélévation, un peu plus solide que d'autres parties de la région. Jusqu'à maintenant ce quartier est relativement épargné. La nuit dernière l'époux d'une amie est revenue de la campagne, nous apportant de l'eau et de la nourriture. Une bénédiction de plus.

Il me semble en ce moment que je prends conscience à travers l'expérience directe qu'il y a, en effet, une gigantesque étape Cosmique évolutionnaire qui a lieu sur la terre entière en ce moment même. D'une manière pas tout à fait claire, à fur et à mesure que j'expérimente les évenements qui ont lieu au Japon maintenant, je peux ressentir mon coeur s'ouvrir très grand. Mon frère m'a demandé si j'avais l'impression d'être toute petite en raison de tout ce qui se passe ici. Non, je n'ai pas cette impression. Au contraire, j'ai l'impression de faire partie de quelque chose qui est beaucoup plus grand que moi. Cette vague de naissance (mondiale) est difficile, et en même temps magnifique."

 

Anne 

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Publié dans : Témoignage
Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 22:56
- Par Helene

Aurélien est un "ami de 15 ans", rencontré sur les bancs de la fac lors d'une reconversion professionnelle. Il est enseignant, membre du CRAP, ex-enseignant du lycée expérimental de Saint Nazaire et a écrit des dizaines de pièces de théâtre, des nouvelles. Il écrit régulièrement des textes sur Agora Vox ou ailleurs...

Hélène



Je vole quand je veux, mais le volcan veut pas...

La nature est notre ressource principale. Et elle n’a pas de compte en banque. On ne pense à elle que lorsqu’elle change ses habitudes et nous met des bâtons dans les roues (ou de la silice dans les réacteurs). Il faudrait payer pour elle, volontairement. Il faudrait payer le blé et le pétrole à la nature. Le carbone aussi… Les discours qui se sont tenus sur l’arrêt des avions ces derniers temps, même par les écologistes, ne vont guère dans ce sens...

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Dans les bases des réflexions économiques, on cherche les antécédents à toute création de richesse. Qu'est-ce qui est toujours nécessaire pour augmenter les ressources de quelqu'un ou d'un groupe ? Ces antécédents, dont nul ne peut se passer, s'appellent les facteurs de production.


Si j'ai un grain de blé, je peux en obtenir plusieurs. C'est la nature qui fait ce travail de multiplication. Je peux l'aider (ramollir la terre, éloigner les parasites, arroser...) j'ai même intérêt à l'aider. Cette aide est un travail, mais il n'empêche que l'augmentation de ma ressource est faite par la nature et ne m'appartient en rien. Avec le blé, je peux faire de la farine, avec la farine du pain...etc. Et avec le pain, me nourrir et nourrir ma famille (les enfants ok, j'ai été enfant et mes enfants vont me perpétuer, mais pas trop tout de même, il faut qu'il m'en reste), nourrir les infirmes, les fous (si je veux), les vieux (ok je serai vieux, mais pas trop tout de même. Encore, les enfants c'est l'avenir mais les vieux...) les voleurs... ah non pas les voleurs !

On trouve trois grandes catégories de facteurs de production : la nature, le travail (déjà évoqué dans l'exemple drolatique précédent) et le capital. Le capital, c'est le dur qui tient, qui reste, le dur qui dure. Si je reprends mon faux-exemple, les outils, houe, bêche. Mais aussi les silos, les hangars, les maisons, les chemins. La terre peut entrer dans le capital, sans cesser d'être de la nature, par le « droit » de propriété, ce « droit » peut être un sentiment et fonctionner à la violence, servir à justifier l'éloignement des non-propriétaires indésirables (ce « droit » existe avant qu'il y ait un « droit » écrit et validé par des institutions fortes). Rapidement ensuite, on divise le capital en capital technique (celui dont j'ai parlé, machines, outils, véhicules, bâtiments) et capital financier (il faut qu'il y ait de la monnaie).

Un certain nombre de définitions de facteurs de production oublient de prendre en compte la nature. C'est un facteur à part. Dans les économies avec monnaie, c'est-à-dire toutes les économies dépassant le village, on ne paie généralement pas la nature. La nature n'a pas de compte en banque.


En Economie, la valeur des richesses produites s’exprime en monnaie. On travaille toujours sur les montants que l'on voit dans les échanges ou dans les évaluations. Ainsi, quand on consomme du pétrole, on ne paie pas le pétrole à la nature. On paie le travail et le capital d'extraction à ceux qui travaillent et qui possèdent le capital d’extraction, on paie le transport à ceux qui transportent ... on paie des taxes à l'Etat qui gère nos affaires communes (admettons que l’Etat gère nos affaires communes). Ça c'est la base, et on paie le surplus qui correspond à notre nécessité de consommer du pétrole, et ça, ça peut varier un maximum...

Même quand on vend ou qu’on achète de la terre, on ne paie pas la nature (à la nature). On s’accorde sur un prix ; on valorise l’emplacement (si un appartement est plus cher en centre-ville qu’en banlieue, c’est à cause de la rareté liée à l’emplacement), la productivité de la terre (si le blé est bon et facile à faire pousser, ou si la terre est chiche).

Les analyses politico-économiques que l’on entend ou que l’on lit font l’impasse sur la nature comme facteur de production ; même quand elles ne parlent pas de cela, les considérations et les conséquences qu’elles mettent en jeu ne sont crédibles que si on oublie le travail de la nature dans la production de nos ressources.
Eva Joly, ce 19 avril, sur France Inter, disait qu’on faisait trop confiance à la technique ! Elle qui se présenterait à la Présidence de la République ne parle pas de la nature. Or, la technique est un facteur de production qui s’appuie sans cesse sur la nature, tandis que tous les discours n’y voient que le travail des hommes, leur intelligence… alors que les « circonstances » sont aussi déterminantes pour notre richesse que notre action sur les « circonstances ». On voit toujours la voiture qui roule et on a l’impression que l’automobile roule toute seule, de part la volonté du conducteur de la faire rouler. Pourtant, il lui faut de l’essence, du bitume, un réseau de routes, de ponts, de tunnels, un réseau de point de vente de son essence, un code de la route pour ne pas se cogner aux autres, des assurances… mille choses auxquelles on ne pense pas… il lui faut de l’air, que la voiture rejette sali…

Pascale Clark, la journaliste de France Inter, dit : « un nuage est plus fort que la puissance économique ». Eh oui, nous oublions sans cesse que la nature est incorporée à la puissance économique. On n’avait jamais pensé que, pour que les avions volent, il fallait que les volcans ferment leur gueule!


Eva Joly dit : « ça nous rappelle que notre monde technologique est fragile ». Eh non, il est greffé sur la nature ; ce n’est pas un « monde », au sens d’un isolat, qui serait fragile; fort mais capable de perdre sa force rapidement. Elle dit encore (et surtout) : « il faut croiser les doigts et espérer que des vents puissants qui poussent les nuages loin des itinéraires des avions ! » Eh oui… Eva Joly raisonne comme si elle ne savait pas que la puissance technologique et économique dépendait de la nature. Elle considère que si la nature respecte sa continuité, ses conditions courantes, normales, ordinaires, tout va bien, on peut l’oublier. Elle croit que la nature n’intervient dans la technologie que lorsqu’elle se manifeste par des irrégularités auxquelles on n’avait pas pensées. Et que la plupart du temps, notre technologie est le produit autonome de notre intelligence humaine, de notre travail humain, de notre histoire (humaine) et seulement de notre travail, de notre histoire, de notre intelligence. Donc, il faut croiser les doigts pour espérer que les conditions naturelles banales reviennent. C’est religieux ! Comme une prière ! On n’y peut rien, on peut juste faire des choses symboliques, « magiques » pour que les dieux, ici les vents, nous soient plus favorables !

Cette perception, exprimée par une leader écologique, est aussi celle exprimée par tous les voyageurs impatients qui trouvent que l’on en fait trop du côté du principe de précaution. Ils sont prêts à prendre plus de risques. On pourrait appeler cela le syndrome du Titanic. Au fond, ils ne croient pas à cette domination de la nature sur la technique. Ils ne croient pas que la technique soit tissée de nature et que l’on ne peut pas vraiment en démêler les fils. Ils sont tellement dans l’idée que la richesse des hommes est le fruit de leur travail, et du capital, qu’ils pensent tout résoudre avec du travail et du capital. Ils pensent que le pouvoir de l’argent est absolu.


Pourtant, le fait qu’il ne l’est pas est dans les principes de base de l’économie. La réponse à la question : Avec quoi produit-on de la richesse ? est dans les toutes-premières choses que l’on réfléchit.
Je vole quand je veux? Eh ben non ! Je volcan le volcan veut !

 

Aurélien Péréol

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Publié dans : Écologie
Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 22:34
- Par Helene

Leezie vit dans le sud de la France. Elle a décidé, depuis l'an dernier, de se passer de chauffage... Elle nous raconte ci-dessous son hiver...

 

Son expérience m'a touchée, parce que nous avons fait presque la même... sauf que nous ne l'avions pas choisie au départ! En effet, nous avons emménagé dans une nouvelle chambre (isolée mais non-chauffée) en janvier. Résultat: entre 6 et 14 degrés... On s'en est sorti avec 4 couvertures (on est super frileux!) une bouillotte et 10 min de chauffage à huile avant de se coucher. Et maintenant que l'hiver est fini, je me rends compte qu'on a bien dormi, qu'on n'est pas tombé malade... et je ne pense plus à faire mettre un radiateur dans cette chambre. J'ai même l'impression d'être devenue moins frileuse!

Mais comme les enfants, qui sont encore petits, ne voulaient plus y entrer, je crois qu'on n'est pas encore prêt pour supprimer le chauffage dans toute la maison!...

Hélène

 

 

ciel-d-hiver.jpg

ciel d'hiver - mi-figue.miraison

 



Mon truc de cette année, ça a été le chauffage électrique, que j'ai carrément supprimé (me prouvant ainsi à moi-même qu'à Nice, on pouvait passer l'hiver sans chauffage, sous certaines conditions. Je suis évidemment consciente de la douceur du climat, à Montréal ce serait plus dur:-) )  

Je viens de finir mon 2ème hiver sans chauffage. Pas un rhume, pas de grippe ni gastro, du bon sommeil, rien que du positif, sauf très rarement quand la température baisse vraiment (je n'ai plus vingt ans depuis longtemps :-) ).

La différence sur la facture, aussi, je ne vous dis pas (tous mes chauffages sont électriques)....

Les outils nécessaires pour l'année sans chauffage (ou ailleurs qu'ici, région particulièrement douce) ou avec forte économie de chauffage :

- une bonne isolation si on peut faire les travaux pour. Evidence, bien sûr. Chez moi, ce n'est pas parfait, loin de là, je pourrais faire bien mieux, mais je suis en location, je n'ai pas envie de faire ces gros travaux.

- deux gros pulls bien chauds en laine et confortables pour le soir. S'il faut, couverture, plaid pour lire, travailler ou regarder des films.

- une très bonne couette, c'est vraiment l'essentiel.

- une bouillotte pour les cas où la chaleur corporelle (un vrai moteur qu'on a tendance à oublier) ne suffirait pas.

- faire attention à la qualité de l'alimentation, qui influe directement sur le réchauffement du corps. Pas possible d'avoir chaud si on mange des produits non complets et de mauvaise qualité (j'ai essayé, c'est flagrant). Moi aussi, j'ai déserté les supermarchés, et j'essaie d'être très stricte sur les dépenses alimentaires, tout en étant très exigeante sur la qualité (avec l'idée que je n'ai pas envie d'être une "privilégiée" qui mange bio parce qu'elle peut se le permettre).

- repérer les moments difficiles (le soir, après une journée de travail et une marche de retour après le boulot, juste après le repas quand les aliments ne sont pas encore un carburant) et prévoir pour ces moments des solutions : douche chaude pour le retour, tisane pour après le repas...
Et les moments faciles (le matin quand le sommeil crée une bulle de chaleur interne intense) pour faire les tâches les plus dures de la journée.

- au lieu de constamment protéger son corps du froid, et le laisser vivre dans du coton, au contraire l'exposer au froid, au moins un peu, pour qu'il s'adapte, ça l'oblige à faire des efforts et ça le fortifie.

- bizarrement, l'an dernier, le fait d'avoir supporté le froid l'hiver m'a aidée à supporter la grosse chaleur l'été (qui est pénible ici car humide), ce fut la grande surprise de l'année... Comme quoi les saisons sont vraiment naturelles dans un certain sens.

 

Je n'arrive pas vraiment à comprendre l'égoïsme des gens, qui me déclarent (un de mes étudiants) : "Ah mais moi j'aime bien me balader et avoir très chaud, 25 degrés dans mon appartement, quand il fait froid dehors!" C'était la même semaine où il y avait justement ces problèmes de surconsommation et possibilité de coupures. Je n'ai rien dit, ça me paraissait tellement énorme, non pas tellement qu'il le fasse, mais que ça ne lui apparaisse pas du tout comme quelque chose qui pourrait poser problème. Hallucinant.
Alors qu'à quelques dizaines de mètres plusieurs SDF dormaient dehors....

 

Moi, qui ai eu longtemps l'impression d'être vraiment une archi farfelue pas comme les autres, je suis heureuse de découvrir que nous sommes de plus en plus nombreux à réduire nos consommations de chauffage, de produits de supermarché, de télé, etc...

 

Leezie

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Publié dans : Témoignage
Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 23:16
- Par Helene

Valérie a vécue des années avec son mari dans la région de Bordeaux avant de partir en famille sur l'île de la Réunion... Mais ici ou là bas, toujours le même désir de simplicité.
Alors, plus difficile ou plus facile d'être décroissant sur une île?
Hélène
ps: A celles et ceux qui voudraient partager leur expérience de décroissant , merci de laisser un "commentaire" dans ce sens et je vous contacterai.

Photo satellite de l'Ile de la Réunion

Être décroissante sur l'île de la Réunion


La décroissance et moi c'est une longue histoire d'amour...

Tout  à  commencé dans mon adolescence : à cette époque c'était un vrai plaisir de m'habiller "aux puces" , alors que tout le monde courait vers les dernières boutiques à la mode (c'était le début des chaines comme pimkie, promod....) et sans le savoir je commençais mon acte militant de décroissance, au début, surtout motivée par le côté "hors norme" et j'adorais déjà les vêtements avec une histoire....

Après trois enfants et des galères de pognon, les choses d'occasion étaient pour mon amoureux et moi un bon moyen de se meubler, de nous vêtir.... sans débourser des sommes énormes.
Et puis, au fur et à mesure , une idée plus militante et une conscience plus affirmée sur la folie de la consommation a pris place dans mes actes de non-achat.
Une revendication parfois mal menée par des "rechutes" surtout liées à la passion des livres, des CD, et parfois aussi la petite fringue vue sur le marché.
Mais bon, l'avantage avec la décroissance c'est que l'on peut toujours faire mieux donc on fait travailler ses méninges!

Aujourd'hui nous vivons sur l'île de la Réunion (depuis un an.) Etre décroissant sur une île n'est pas toujours simple et me fait travailler sur d'autres choses : doit-on vivre avec les mêmes besoins qu'en métropole ?  Comment orienter nos enfants sur d'autres manières de vivre ? ...

Comme je déteste les magasins et encore plus l'acte de "faire du shopping", mon amoureux nous a concocté des meubles "made in bois palette", et on a glané des choses à droite et à gauche car nous sommes venus à la Réunion sans rien, mis à part quelques cartons.

Côté vêtements, on échange avec les copines, et vive la "croix rouge" : 1 euros le vêtement pour adulte et une mine pour trouver mes tuniques indiennes.
Côté alimentaire, on mange un maximum local (sauf pates , riz , farine...) et on pratique l'échange avec les voisins : des bananes et légumes contre une aide aux devoirs....

               Marché Malgache (photo: Viso Terra)



Où cela se gâte, c'est quand on veut trouver le bouquin d'occasion (utile pour moi en ce moment qui reprend des études), la guitare pour l'anniversaire de ma fille... et du coup je dois repenser mes réflexes de consommation même dans l'occas' par manque de choix . Acheter moins cher sur e-bay et faire transporter par les airs ou la mer mon produit, c'est un peu moyen à mon goût.

Donc, je tente les lectures sur internet (et ça n'est pas facile car j'adore le contact du papier) et je me fais des fiches sur l'ordi même si c'est bien moins sensuel que le papier et le stylos.
Enfin, on a testé l'éléctro d'occas' (comme on a toujours fait en métropole) , mais après 3 fours d'occasion qui nous lâchent, on a dû se résoudre à en acheter un neuf...
Ici, humidité et chaleur plus fourmis qui se cachent dans l'électro ne font pas bon ménage!

Avec ce modèle de vie "décroissante", j'adapte ma vie à mon environnement et j'ai l'impression d'être dans l'action et de ne pas subir. La vie me semble quand même plus simple car je repense ma conso et mes besoins "réels" et non pas "illusoires"...

Prochaine étape: une installation dans quelques mois est prévue normalement à Mayotte; là encore il va falloir s'oganiser autrement et penser la consommation encore différemment!

Toutes mes amitiés ..." décroissantes",

Valérie.    
   

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Publié dans : L'invité-e du vendredi
Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 22:55
- Par Helene
Mardi 13 octobre, à 20h30 sur ARTE nous pourrons voir un documentaire réalisé par Eric Guéret et Laure Noualhat (qui m'a aidé à créer ce blog il y a un an et demi.)

http://environnement.blogs.liberation.fr/.a/6a00e54ef088c388340120a5dd1ac2970b-pi
  Vous pouvez voir la bande annonce, et sinon
le documentaire en entier jusqu'au 21 octobre:

Lors de l'avant première, j'avais trouvé ce documentaire extrêmenet pédagogique, retraçant l'historique du nucléaire et de ses déchets.

On y voit le premier site au monde (aux Etats Unis) mais aussi une région russe entièrement radioactive depuis 50 ans (les gens ont interdiction de consommer le lait de leurs vaches, poissons, légumes, etc mais disent: "Qu'est-ce-que je peux acheter avec 80 euros par mois?"...) et biensûr la France, avec des citoyens qui se demandent comment prévenir les générations futures (produits encore radioactifs dans deux cent mille ans!)... car d'ici là, y'a des chances pour qu'ils n'utilisent pas exactement la même langue que nous...

Parfois un peu lent, mais très instructif. Merci Laure. Je vous recommande à nouveau son blog: Six pieds sur Terre.

Quant aux futures déchets nucléaires: la solution, c'est de ne pas les produire! Sans le retour à la bougie, on peut consommer moins d'électricité (si, si, je vous assure!) et avec les économies, payer un peu plus cher l'énergie en l'achetant propre. Par exemple.

Hélène
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Publié dans : Evènement
Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 00:40
- Par Helene
Comment démasquer l'imposture néo-libérale tout en rigolant un peu? C'est le pari un peu fou des Yes Men...

Les Yes Men (un américain et un français vivant à Paris, altermondialistes en costard-cravate) se font passer pour les porte-paroles des plus grandes entreprises mondiales afin de mieux les ridiculiser, et montrer à tous qu'un autre monde est possible. C'est à la fois désopilant... et horrible. Bref, ça décape!


Les Yes Men refont le monde est un documentaire passé hier soir sur Arte et visible pendant encore 6 jours. Et sinon, en salle dès aujourd'hui (bande annonce en anglais ici.)

Vous verrez comment ils ont réussi en quelques minutes à faire baisser de 2 milliards de dollards la valeur de Dow Chemicals, qui refuse toujours d'indemniser les victimes indiennes du drame de Bhopal.

                                                 


Allez, juste pour rire (ou pleurer?) voici ce que dit Myron Ebell, un économiste américain, aux Yes Men: "Le réchauffement climatique est un faux problème; la chaleur, c'est plus agréable..."

Moi, je suis fan depuis leur premier film en 2005 dans lequel ils proposaient de privatiser le marché des votes, ou expliquaient devant des dirigeants de grandes entreprises que la délocalisation est plus rentable que l'esclavage... (un extrait ici.) On rit tellement c'est drôle et en même temps on a envie de pleurer car tout le monde dans l'assistance semble trouver l'idée géniale...

Assez proches d'Hervé Kempf et de son livre Comment les riches détruisent la planète (en plus drôles et plus cyniques aussi) les Yes Men nous démontrent comment les catastrophes ne sont pas seulement une façon de s'enrichir pour les grandes entreprises, mais aussi une façon de faire passer toutes sortes de mesures impopulaires, telles des privatisations d'école, fermetures d'hopitaux publics ou expulsions d'habitants indésirables...

Une idée pour les Yes Men: interviewer les patrons des grandes banques, qui renflouées par l'état -nos impôts- se versent des parachutes dorés et autres primes, en temps de crise... Qu'auraient-ils à répondre?

Hélène




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Publié dans : Alerte
Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 18:21
- Par Helene
Compact répond à vos questions... (4ème épisode)

Petit rappel pour les nouveaux lecteurs: en septembre dernier, j'avais mis mes idées au clair, grâce aux  journalistes qui m'assaillaient de questions... Ce qui m'a permi ensuite de laisser de temps à autre un post intitulé "Compact répond à vos questions". Pour réviser:
- Qu'est-ce que Compact? Et pourquoi zéro objets neufs?  (sept 08)
- Ne plus acheter de neuf, n'est-ce pas trop difficile?  (oct 08)
- Vous n'exagérez pas un peu avec votre histoire de pollution des objets neufs?  (fév 09)

Aujourd'hui, je vous propose deux nouvelles questions qui reviennent également fréquemment (lire par exemple les 150 commentaires laissés après l'article sur les compacteurs, dans Rue 89 - voir plus bas) :

Alors, vous êtes contre la croissance?...

La terre est ronde et finie, en espaces et en matières. La croissance, c'est prétendre aujourd'hui que c'est encore possible de faire une coissance infinie dans un monde fini... C'est soit une farce, soit une grosse escroquerie!

Concrètement, en réduisant notre consommation au minimum (est-ce si difficile de supprimer le superflu?  Sommes- nous déjà tous drogués au super confort?) nous parviendrons non seulement à répartir les richesses mais surtout à sauver la planète des catastrophes écologiques annoncées...

http://salma.artblog.fr/41490/DURBAN-AFRIQUE-DU-SUD/

Compact s'adresse t il à tout le monde? même aux pays émergents?


Personnellement, je ne trouve pas que Compact s'adresse à tout le monde... Les gens qui sont dans la précarité et la pauvreté (en France ou ailleurs) ne sont pas concernés par la "démarche Compact".

Compact ne s'adresse pas à eux, parce que:
- ils ne peuvent pas moins consommer que ce qu'ils consomment déjà...
- ils ne surconsomment pas et donc ne polluent pas tant que ça.

Les personnes qui sont dans cette situation ont tout mon respect...

Pourtant, tout le monde est concerné puisque la crise écologique est mondiale : pollution, perte de la biodiversité, réchauffement climatique, etc... et malheureusement, il semble que ce sont les pays du Sud, consommant beaucoup moins que nous, qui sont touchés en premiers par cette crise écologique et qui, pour l'instant, en subissent plus fortement les conséquences. Quelle ironie et quelle injustice!

C'est pourquoi, sans leur faire la morale (ça serait assez déplacé, je trouve) il faut néanmoins les informer... Et là, mon rêve, c'est que la Simplicité Volontaire, façon de vivre tout à fait courante dans les pays émergents, soit valorisée !

Ils ont tant à nous apprendre en matière de Simplicité Volontaire, que ça serait dommage de ne pas les écouter...

On est tous sur la planète terre, dans la même galère écologique... 
Compact cherche à inciter tout le monde à vivre plus simplement, sans sur-consommer pour arrêter de polluer. Nous, occidentaux pourris-gâtés, avons sûrement des leçons de "vivre simplement" et de "joie de vivre dans la simplicité" à apprendre des pays émergents!

Bientôt, un témoignage d'une famille installée à la Réunion.
Et j'espère un jour, des listes de diffusions (comme Compact-France) dans tous les pays francophones, notamment en Afrique...

Hélène


PS: pas de lien direct vers l'article de Julie Marceau, journaliste à Rue 89, mais cliquer ici dans "Société", et descendre au 10/06/09, 12h45...


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Publié dans : Questions / Réponses
Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /Juin /2009 00:12
- Par Helene
Le "Mouvement  pour le Droit et le Respect des Générations Futures" s'est associé à 4 autres ONG européennes pour étudier les pesticides trouvés sur le raisin de table de 5 pays européens (Italie, France, Pays-Bas, Hongrie, Allemagne.)

Grappes de raisins sur leur pied de vigne. Photo © DR
Les résultats ne sont pas fameux - un euphémisme pour dire qu'en gros, c'est la cata: sur 124 échantillons, un seul ne présentait pas de traces de pesticides et 20% des raisins avaient reçus au moins 10 pesticides différents... Ils ont même trouvé des pesticides neurotoxiques, suspectés d’être cancérigènes ou encore pouvant perturber le système hormonal...

Et plus spécifiquement pour la France,
100% des 25 échantillons testés étaient contaminé et 44% des raisins étaient contaminés par au moins 10 pesticides différents. 51 pesticides ont été détectés au total, soit 8,5 pesticides par échantillon en moyenne!


Lire l'étude complète ici: http://www.mdrgf.org/news/news241108_raisin_supermarche_pesticides.html

Que faire, sinon acheter du bio?

Alors que j'expliquais un jour à une amie qu'on ne mangeait bio qu'a 50% à la maison en raison du prix, elle m'a répondu:  "Mais si! le bio, c'est moins cher, car combien ça coûte un cancer? Hors de prix!"
C'est vrai que vu sous cet angle...

Et puis de toute façon, pas la peine de manger du raisin maintenant, ça n'est pas la saison et il vient du Chili... (bonjour le CO2!)

La prochaine fois, je vous parlerai des fraises qui viennent d'Espagne...

Hélène

PS 1 : Info importante, le MDRGF est aujourd'hui assigné  en justice
devant le Tribunal de Grande Instance de Paris par la Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table. Cette Fédération de producteurs de la FNSEA les assigne pour un soit disant "dénigrement du raisin de table" suite à la publication d’analyses de résidus de pesticides dans des raisins de tables vendus dans des supermarchés réalisées en novembre 2008 avec quatre autres associations européennes. La Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table (FNPRT) leur demande 500 000 Euros pour dénigrement.

Il faut dire que cette étude dérange beaucoup tous ceux qui voudraient que rien ne change dans les pratiques agricoles polluantes actuelles...

Aujourd'hui c'est la survie même de notre association qui est menacée. Pire encore, c'est la liberté que tout contre pouvoir citoyen a dans ce pays de pouvoir réaliser et publier un travail d'information qui est mise en cause !
On nous fait aujourd'hui un procès pour nous faire taire, comme aux Etats Unis ou au Canada des entreprises intentent des 'poursuites baïllons' contre leurs opposants depuis des années déjà !
Il est urgent de réagir ! C'est ce qu'on déjà fait plusieurs personnes regroupées dans une association de soutien : Ensemble pour les Générations Futures. Cette association a mis en ligne ce jour un site dédié au soutien au MDRGF :
http://www.generations-futures.org


Et maintenant, je me demande: pour le plan
Ecophyto 2018 issu du Grenelle, qui prévoit de réduire de moitié en 10 ans l’usage des pesticides en France, on fait comment?...

PS 2 : Expositions aux pesticides et cancer du pancréas:

Deux herbicides , la pendimethaline and l'EPTC, on montré une association exposition/réponse statistiquement significative avec le cancer du pancréas selon une nouvelle étude. Cette étude : “Agricultural Pesticide Use And Pancreatic Cancer Risk In The Agricultural Health Study Cohort,” publiée dans l' " International Journal of Cancer", est une étude cas témoin sur des applicateurs de pesticides et leurs épouses dans les états de l'Iowa et de la Caroline du Nord. L'étude montre un risque multiplié par trois dans le cas d'une utilisation durant la vie entière de pendimethaline et un risque multiplié par 2,5 en cas d'utilisation pendant la vie entière d'EPTC, par rapport à ceux n'ayant jamais utilisé ces produits. De plus le fait d'avoir utilisé un des cinq pesticides trifluraline, chlorimuron-ethyl, pendimethaline, EPTC ou heptachlor augmente, selon l'étude, lerisque de caner du pancréas de 40%.
A noter que la pendimethaline est listée cancérigène possible et perturbateur endocrinien suspecté aux USA.

Pour lire l'étude entière en anglais :
http://www3.interscience.wiley.com/cgi-bin/fulltext/121538829/PDFSTART?CRETRY=1&SRETRY=0
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Publié dans : Alimentation
Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 01:11
- Par Helene
Paul Ariès était interviewé par Laure N. la semaine dernière. L'article date du 4 mai, désolée pour le retard... mais je suis en pleine décroissance!

Voici 3 extraits de l'article, et je vous encourage à lire l'article en entier, c'est vraiment intéressant... sans parler des commentaires, jusqu'au dernier, où Paul Ariès répond.



Laure: D'obama à Borloo, tout le monde pique des idées aux objecteurs de croissance. Ca sent l'effet de mode, non?

Paul Ariès: Tout le monde se veut aujourd’hui écolo depuis, notamment, la mascarade du Grenelle de l’environnement. Conséquence : on parle de plus en plus de croissance verte, de capitalisme vert, bref on a tout oublié. Le pire est lorsque la décroissance passe dans certains médias pour être un discours d’adaptation à la crise. Comme si nous faisions la pub des hard discount et des prix bas, voire de la récupération dans les poubelles pour les plus pauvres. La décroissance n’est pas une stratégie d’adaptation individuelle ou collective à la misère du monde. Elle ne propose pas des recettes pour vivre avec moins et l’espoir de pouvoir reconsommer demain comme avant.

Nous ne sommes pas des consommateurs radins ou malins, nous sommes des militants politiques qui veulent changer le monde. Nous ne donnons pas des recettes pour apprendre à mieux se serrer la ceinture en conservant le sourire. Nous ne sommes pas dans l’union sacrée pour sauver le système. Nous cultivons le dissensus car nous pensons que ce système est foncièrement mauvais, immoral et dangereux.


Laure: Comment s’articule la décroissance ?


Paul Ariès: Selon trois formes de résistance. D’abord, la simplicité volontaire qui consiste à vivre en conformité avec ses valeurs. Cela semble aller de soi mais toute une tradition politique remettait aux lendemains du Grand Soir ce changement nécessaire des modes de vie et comme ce grand soir ressemblait souvent à des petits matins blêmes, on n’a finalement pas changé grand-chose. Tout ce qui va dans ce sens est donc positif, comme ne pas avoir de voiture, travailler à temps partiel, etc.

Mais si nous ne faisions que cela, la simplicité volontaire serait doublement dangereuse. Elle pousserait les objecteurs à se vivre comme les nouveaux parfaits, les nouveaux Cathares, à jouer à «plus-décroissant-que-moi-tu-meurs». La décroissance passerait alors d’un discours politique à une logique religieuse.

Le second piège serait d’entériner la division de la société et sa tendance à la dualisation. Notre but n’est pas de vivre entre nous une utopie concrète, il est de changer fondamentalement la société. Ensuite, les expérimentations collectives sont également indispensables. Nous devons bricoler des alternatives dans les franges, dans les marges et au cœur de la société.

Nous devons cependant être conscients que le capitalisme a une extraordinaire capacité de récupération. Il a détourné l’idée de microcrédit pour étendre la marchandisation. Il a dénaturé l’agriculture biologique pour en faire la bio-industrie. Pour finir, un troisième niveau de résistance, politique cette fois, est nécessaire.

(...) On peut reprocher tout ce que l’on veut à la société consumériste, mais on n’arrivera à sa cheville en matière de désir. Cette société sait capter le désir : nous sommes tombés dedans il y a soixante-dix ans et nous en voulons encore. Pour la décroissance, reste à rendre le projet désirable.


Et voilà, pour moi, tout est là: il faut arriver à rendre la décroissance désirable... Vaste projet, car quand on explique aux gens qu'on se sent mieux ainsi (plutôt que de regarder la télé, changer de garde-robe à chaque saison, s'offrir des cadeaux venant des supermarchés... on préfère travailler moins pour flâner plus et consommer moins pour polluer moins) on nous regarde en général avec des yeux ronds d'incompréhension!


Alors, comment rivaliser? Des idées?


Hélène


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Publié dans : Décroissance/Simplicité Volontaire

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