Jeudi 22 octobre 2009
- Par Helene
Valérie a vécue des années avec son mari dans la région de Bordeaux avant de partir en famille sur l'île de la Réunion... Mais ici ou là bas, toujours le même désir de simplicité.
Alors, plus difficile ou plus facile d'être décroissant sur une île?
Hélène
ps: A celles et ceux qui voudraient partager leur expérience de décroissant , merci de laisser un "commentaire" dans ce sens et je vous contacterai.

Photo satellite de l'Ile de la Réunion

Être décroissante sur l'île de la Réunion


La décroissance et moi c'est une longue histoire d'amour...

Tout  à  commencé dans mon adolescence : à cette époque c'était un vrai plaisir de m'habiller "aux puces" , alors que tout le monde courait vers les dernières boutiques à la mode (c'était le début des chaines comme pimkie, promod....) et sans le savoir je commençais mon acte militant de décroissance, au début, surtout motivée par le côté "hors norme" et j'adorais déjà les vêtements avec une histoire....

Après trois enfants et des galères de pognon, les choses d'occasion étaient pour mon amoureux et moi un bon moyen de se meubler, de nous vêtir.... sans débourser des sommes énormes.
Et puis, au fur et à mesure , une idée plus militante et une conscience plus affirmée sur la folie de la consommation a pris place dans mes actes de non-achat.
Une revendication parfois mal menée par des "rechutes" surtout liées à la passion des livres, des CD, et parfois aussi la petite fringue vue sur le marché.
Mais bon, l'avantage avec la décroissance c'est que l'on peut toujours faire mieux donc on fait travailler ses méninges!

Aujourd'hui nous vivons sur l'île de la Réunion (depuis un an.) Etre décroissant sur une île n'est pas toujours simple et me fait travailler sur d'autres choses : doit-on vivre avec les mêmes besoins qu'en métropole ?  Comment orienter nos enfants sur d'autres manières de vivre ? ...

Comme je déteste les magasins et encore plus l'acte de "faire du shopping", mon amoureux nous a concocté des meubles "made in bois palette", et on a glané des choses à droite et à gauche car nous sommes venus à la Réunion sans rien, mis à part quelques cartons.

Côté vêtements, on échange avec les copines, et vive la "croix rouge" : 1 euros le vêtement pour adulte et une mine pour trouver mes tuniques indiennes.
Côté alimentaire, on mange un maximum local (sauf pates , riz , farine...) et on pratique l'échange avec les voisins : des bananes et légumes contre une aide aux devoirs....

               Marché Malgache (photo: Viso Terra)


Où cela se gâte, c'est quand on veut trouver le bouquin d'occasion (utile pour moi en ce moment qui reprend des études), la guitare pour l'anniversaire de ma fille... et du coup je dois repenser mes réflexes de consommation même dans l'occas' par manque de choix . Acheter moins cher sur e-bay et faire transporter par les airs ou la mer mon produit, c'est un peu moyen à mon goût.

Donc, je tente les lectures sur internet (et ça n'est pas facile car j'adore le contact du papier) et je me fais des fiches sur l'ordi même si c'est bien moins sensuel que le papier et le stylos.
Enfin, on a testé l'éléctro d'occas' (comme on a toujours fait en métropole) , mais après 3 fours d'occasion qui nous lâchent, on a dû se résoudre à en acheter un neuf...
Ici, humidité et chaleur plus fourmis qui se cachent dans l'électro ne font pas bon ménage!

Avec ce modèle de vie "décroissante", j'adapte ma vie à mon environnement et j'ai l'impression d'être dans l'action et de ne pas subir. La vie me semble quand même plus simple car je repense ma conso et mes besoins "réels" et non pas "illusoires"...

Prochaine étape: une installation dans quelques mois est prévue normalement à Mayotte; là encore il va falloir s'oganiser autrement et penser la consommation encore différemment!

Toutes mes amitiés ..." décroissantes",

Valérie.    
   

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Lundi 12 octobre 2009
- Par Helene
Mardi 13 octobre, à 20h30 sur ARTE nous pourrons voir un documentaire réalisé par Eric Guéret et Laure Noualhat (qui m'a aidé à créer ce blog il y a un an et demi.)

http://environnement.blogs.liberation.fr/.a/6a00e54ef088c388340120a5dd1ac2970b-pi
  Vous pouvez voir la bande annonce, et sinon
le documentaire en entier jusqu'au 21 octobre:

Lors de l'avant première, j'avais trouvé ce documentaire extrêmenet pédagogique, retraçant l'historique du nucléaire et de ses déchets.

On y voit le premier site au monde (aux Etats Unis) mais aussi une région russe entièrement radioactive depuis 50 ans (les gens ont interdiction de consommer le lait de leurs vaches, poissons, légumes, etc mais disent: "Qu'est-ce-que je peux acheter avec 80 euros par mois?"...) et biensûr la France, avec des citoyens qui se demandent comment prévenir les générations futures (produits encore radioactifs dans deux cent mille ans!)... car d'ici là, y'a des chances pour qu'ils n'utilisent pas exactement la même langue que nous...

Parfois un peu lent, mais très instructif. Merci Laure. Je vous recommande à nouveau son blog: Six pieds sur Terre.

Quant aux futures déchets nucléaires: la solution, c'est de ne pas les produire! Sans le retour à la bougie, on peut consommer moins d'électricité (si, si, je vous assure!) et avec les économies, payer un peu plus cher l'énergie en l'achetant propre. Par exemple.

Hélène
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Jeudi 17 septembre 2009
- Par Helene
Comment démasquer l'imposture néo-libérale tout en rigolant un peu? C'est le pari un peu fou des Yes Men...

Les Yes Men (un américain et un français vivant à Paris, altermondialistes en costard-cravate) se font passer pour les porte-paroles des plus grandes entreprises mondiales afin de mieux les ridiculiser, et montrer à tous qu'un autre monde est possible. C'est à la fois désopilant... et horrible. Bref, ça décape!


Les Yes Men refont le monde est un documentaire passé hier soir sur Arte et visible pendant encore 6 jours. Et sinon, en salle dès aujourd'hui (bande annonce en anglais ici.)

Vous verrez comment ils ont réussi en quelques minutes à faire baisser de 2 milliards de dollards la valeur de Dow Chemicals, qui refuse toujours d'indemniser les victimes indiennes du drame de Bhopal.

                                                 


Allez, juste pour rire (ou pleurer?) voici ce que dit Myron Ebell, un économiste américain, aux Yes Men: "Le réchauffement climatique est un faux problème; la chaleur, c'est plus agréable..."

Moi, je suis fan depuis leur premier film en 2005 dans lequel ils proposaient de privatiser le marché des votes, ou expliquaient devant des dirigeants de grandes entreprises que la délocalisation est plus rentable que l'esclavage... (un extrait ici.) On rit tellement c'est drôle et en même temps on a envie de pleurer car tout le monde dans l'assistance semble trouver l'idée géniale...

Assez proches d'Hervé Kempf et de son livre Comment les riches détruisent la planète (en plus drôles et plus cyniques aussi) les Yes Men nous démontrent comment les catastrophes ne sont pas seulement une façon de s'enrichir pour les grandes entreprises, mais aussi une façon de faire passer toutes sortes de mesures impopulaires, telles des privatisations d'école, fermetures d'hopitaux publics ou expulsions d'habitants indésirables...

Une idée pour les Yes Men: interviewer les patrons des grandes banques, qui renflouées par l'état -nos impôts- se versent des parachutes dorés et autres primes, en temps de crise... Qu'auraient-ils à répondre?

Hélène




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Vendredi 12 juin 2009
- Par Helene
Compact répond à vos questions... (4ème épisode)

Petit rappel pour les nouveaux lecteurs: en septembre dernier, j'avais mis mes idées au clair, grâce aux  journalistes qui m'assaillaient de questions... Ce qui m'a permi ensuite de laisser de temps à autre un post intitulé "Compact répond à vos questions". Pour réviser:
- Qu'est-ce que Compact? Et pourquoi zéro objets neufs?  (sept 08)
- Ne plus acheter de neuf, n'est-ce pas trop difficile?  (oct 08)
- Vous n'exagérez pas un peu avec votre histoire de pollution des objets neufs?  (fév 09)

Aujourd'hui, je vous propose deux nouvelles questions qui reviennent également fréquemment (lire par exemple les 150 commentaires laissés après l'article sur les compacteurs, dans Rue 89 - voir plus bas) :

Alors, vous êtes contre la croissance?...

La terre est ronde et finie, en espaces et en matières. La croissance, c'est prétendre aujourd'hui que c'est encore possible de faire une coissance infinie dans un monde fini... C'est soit une farce, soit une grosse escroquerie!

Concrètement, en réduisant notre consommation au minimum (est-ce si difficile de supprimer le superflu?  Sommes- nous déjà tous drogués au super confort?) nous parviendrons non seulement à répartir les richesses mais surtout à sauver la planète des catastrophes écologiques annoncées...

http://salma.artblog.fr/41490/DURBAN-AFRIQUE-DU-SUD/

Compact s'adresse t il à tout le monde? même aux pays émergents?


Personnellement, je ne trouve pas que Compact s'adresse à tout le monde... Les gens qui sont dans la précarité et la pauvreté (en France ou ailleurs) ne sont pas concernés par la "démarche Compact".

Compact ne s'adresse pas à eux, parce que:
- ils ne peuvent pas moins consommer que ce qu'ils consomment déjà...
- ils ne surconsomment pas et donc ne polluent pas tant que ça.

Les personnes qui sont dans cette situation ont tout mon respect...

Pourtant, tout le monde est concerné puisque la crise écologique est mondiale : pollution, perte de la biodiversité, réchauffement climatique, etc... et malheureusement, il semble que ce sont les pays du Sud, consommant beaucoup moins que nous, qui sont touchés en premiers par cette crise écologique et qui, pour l'instant, en subissent plus fortement les conséquences. Quelle ironie et quelle injustice!

C'est pourquoi, sans leur faire la morale (ça serait assez déplacé, je trouve) il faut néanmoins les informer... Et là, mon rêve, c'est que la Simplicité Volontaire, façon de vivre tout à fait courante dans les pays émergents, soit valorisée !

Ils ont tant à nous apprendre en matière de Simplicité Volontaire, que ça serait dommage de ne pas les écouter...

On est tous sur la planète terre, dans la même galère écologique... 
Compact cherche à inciter tout le monde à vivre plus simplement, sans sur-consommer pour arrêter de polluer. Nous, occidentaux pourris-gâtés, avons sûrement des leçons de "vivre simplement" et de "joie de vivre dans la simplicité" à apprendre des pays émergents!

Bientôt, un témoignage d'une famille installée à la Réunion.
Et j'espère un jour, des listes de diffusions (comme Compact-France) dans tous les pays francophones, notamment en Afrique...

Hélène


PS: pas de lien direct vers l'article de Julie Marceau, journaliste à Rue 89, mais cliquer ici dans "Société", et descendre au 10/06/09, 12h45...


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Jeudi 4 juin 2009
- Par Helene
Le "Mouvement  pour le Droit et le Respect des Générations Futures" s'est associé à 4 autres ONG européennes pour étudier les pesticides trouvés sur le raisin de table de 5 pays européens (Italie, France, Pays-Bas, Hongrie, Allemagne.)

Grappes de raisins sur leur pied de vigne. Photo © DR
Les résultats ne sont pas fameux - un euphémisme pour dire qu'en gros, c'est la cata: sur 124 échantillons, un seul ne présentait pas de traces de pesticides et 20% des raisins avaient reçus au moins 10 pesticides différents... Ils ont même trouvé des pesticides neurotoxiques, suspectés d’être cancérigènes ou encore pouvant perturber le système hormonal...

Et plus spécifiquement pour la France,
100% des 25 échantillons testés étaient contaminé et 44% des raisins étaient contaminés par au moins 10 pesticides différents. 51 pesticides ont été détectés au total, soit 8,5 pesticides par échantillon en moyenne!


Lire l'étude complète ici: http://www.mdrgf.org/news/news241108_raisin_supermarche_pesticides.html

Que faire, sinon acheter du bio?

Alors que j'expliquais un jour à une amie qu'on ne mangeait bio qu'a 50% à la maison en raison du prix, elle m'a répondu:  "Mais si! le bio, c'est moins cher, car combien ça coûte un cancer? Hors de prix!"
C'est vrai que vu sous cet angle...

Et puis de toute façon, pas la peine de manger du raisin maintenant, ça n'est pas la saison et il vient du Chili... (bonjour le CO2!)

La prochaine fois, je vous parlerai des fraises qui viennent d'Espagne...

Hélène

PS 1 : Info importante, le MDRGF est aujourd'hui assigné  en justice
devant le Tribunal de Grande Instance de Paris par la Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table. Cette Fédération de producteurs de la FNSEA les assigne pour un soit disant "dénigrement du raisin de table" suite à la publication d’analyses de résidus de pesticides dans des raisins de tables vendus dans des supermarchés réalisées en novembre 2008 avec quatre autres associations européennes. La Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table (FNPRT) leur demande 500 000 Euros pour dénigrement.

Il faut dire que cette étude dérange beaucoup tous ceux qui voudraient que rien ne change dans les pratiques agricoles polluantes actuelles...

Aujourd'hui c'est la survie même de notre association qui est menacée. Pire encore, c'est la liberté que tout contre pouvoir citoyen a dans ce pays de pouvoir réaliser et publier un travail d'information qui est mise en cause !
On nous fait aujourd'hui un procès pour nous faire taire, comme aux Etats Unis ou au Canada des entreprises intentent des 'poursuites baïllons' contre leurs opposants depuis des années déjà !
Il est urgent de réagir ! C'est ce qu'on déjà fait plusieurs personnes regroupées dans une association de soutien : Ensemble pour les Générations Futures. Cette association a mis en ligne ce jour un site dédié au soutien au MDRGF :
http://www.generations-futures.org


Et maintenant, je me demande: pour le plan
Ecophyto 2018 issu du Grenelle, qui prévoit de réduire de moitié en 10 ans l’usage des pesticides en France, on fait comment?...

PS 2 : Expositions aux pesticides et cancer du pancréas:

Deux herbicides , la pendimethaline and l'EPTC, on montré une association exposition/réponse statistiquement significative avec le cancer du pancréas selon une nouvelle étude. Cette étude : “Agricultural Pesticide Use And Pancreatic Cancer Risk In The Agricultural Health Study Cohort,” publiée dans l' " International Journal of Cancer", est une étude cas témoin sur des applicateurs de pesticides et leurs épouses dans les états de l'Iowa et de la Caroline du Nord. L'étude montre un risque multiplié par trois dans le cas d'une utilisation durant la vie entière de pendimethaline et un risque multiplié par 2,5 en cas d'utilisation pendant la vie entière d'EPTC, par rapport à ceux n'ayant jamais utilisé ces produits. De plus le fait d'avoir utilisé un des cinq pesticides trifluraline, chlorimuron-ethyl, pendimethaline, EPTC ou heptachlor augmente, selon l'étude, lerisque de caner du pancréas de 40%.
A noter que la pendimethaline est listée cancérigène possible et perturbateur endocrinien suspecté aux USA.

Pour lire l'étude entière en anglais :
http://www3.interscience.wiley.com/cgi-bin/fulltext/121538829/PDFSTART?CRETRY=1&SRETRY=0
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Vendredi 15 mai 2009
- Par Helene
Paul Ariès était interviewé par Laure N. la semaine dernière. L'article date du 4 mai, désolée pour le retard... mais je suis en pleine décroissance!

Voici 3 extraits de l'article, et je vous encourage à lire l'article en entier, c'est vraiment intéressant... sans parler des commentaires, jusqu'au dernier, où Paul Ariès répond.



Laure: D'obama à Borloo, tout le monde pique des idées aux objecteurs de croissance. Ca sent l'effet de mode, non?

Paul Ariès: Tout le monde se veut aujourd’hui écolo depuis, notamment, la mascarade du Grenelle de l’environnement. Conséquence : on parle de plus en plus de croissance verte, de capitalisme vert, bref on a tout oublié. Le pire est lorsque la décroissance passe dans certains médias pour être un discours d’adaptation à la crise. Comme si nous faisions la pub des hard discount et des prix bas, voire de la récupération dans les poubelles pour les plus pauvres. La décroissance n’est pas une stratégie d’adaptation individuelle ou collective à la misère du monde. Elle ne propose pas des recettes pour vivre avec moins et l’espoir de pouvoir reconsommer demain comme avant.

Nous ne sommes pas des consommateurs radins ou malins, nous sommes des militants politiques qui veulent changer le monde. Nous ne donnons pas des recettes pour apprendre à mieux se serrer la ceinture en conservant le sourire. Nous ne sommes pas dans l’union sacrée pour sauver le système. Nous cultivons le dissensus car nous pensons que ce système est foncièrement mauvais, immoral et dangereux.


Laure: Comment s’articule la décroissance ?


Paul Ariès: Selon trois formes de résistance. D’abord, la simplicité volontaire qui consiste à vivre en conformité avec ses valeurs. Cela semble aller de soi mais toute une tradition politique remettait aux lendemains du Grand Soir ce changement nécessaire des modes de vie et comme ce grand soir ressemblait souvent à des petits matins blêmes, on n’a finalement pas changé grand-chose. Tout ce qui va dans ce sens est donc positif, comme ne pas avoir de voiture, travailler à temps partiel, etc.

Mais si nous ne faisions que cela, la simplicité volontaire serait doublement dangereuse. Elle pousserait les objecteurs à se vivre comme les nouveaux parfaits, les nouveaux Cathares, à jouer à «plus-décroissant-que-moi-tu-meurs». La décroissance passerait alors d’un discours politique à une logique religieuse.

Le second piège serait d’entériner la division de la société et sa tendance à la dualisation. Notre but n’est pas de vivre entre nous une utopie concrète, il est de changer fondamentalement la société. Ensuite, les expérimentations collectives sont également indispensables. Nous devons bricoler des alternatives dans les franges, dans les marges et au cœur de la société.

Nous devons cependant être conscients que le capitalisme a une extraordinaire capacité de récupération. Il a détourné l’idée de microcrédit pour étendre la marchandisation. Il a dénaturé l’agriculture biologique pour en faire la bio-industrie. Pour finir, un troisième niveau de résistance, politique cette fois, est nécessaire.

(...) On peut reprocher tout ce que l’on veut à la société consumériste, mais on n’arrivera à sa cheville en matière de désir. Cette société sait capter le désir : nous sommes tombés dedans il y a soixante-dix ans et nous en voulons encore. Pour la décroissance, reste à rendre le projet désirable.


Et voilà, pour moi, tout est là: il faut arriver à rendre la décroissance désirable... Vaste projet, car quand on explique aux gens qu'on se sent mieux ainsi (plutôt que de regarder la télé, changer de garde-robe à chaque saison, s'offrir des cadeaux venant des supermarchés... on préfère travailler moins pour flâner plus et consommer moins pour polluer moins) on nous regarde en général avec des yeux ronds d'incompréhension!


Alors, comment rivaliser? Des idées?


Hélène


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Dimanche 3 mai 2009
- Par Helene
Claire est notre invitée cette semaine.
Claire et sa famille voulaient depuis longtemps vivre au plus près de la nature et de ses rythmes.
Ils se sont lancés dans la rénovation écologique d'une ancienne ferme en Haute Loire, en partie en auto- construction, avec le souci de vivre avec les enfants dans un environnement sain. La seconde partie du projet (après l'habitat) sera de tenter de subvenir le plus possible à leurs besoins alimentaires grâce au terrain. Claire a créé un blog racontant son aventure.
Elle nous livre ici quelques unes de ses réflexions...
Hélène


Etre et avoir...
 
Notre projet d'auto / éco-rénovation  d'une ancienne ferme en Haute Loire et d'installation en territoire rural nous permet de réfléchir un peu plus sur ces deux termes habituellement antagonistes.
Voici donc une petite interprétation personnelle de ces deux verbes.
Pourquoi ne  pas " avoir " (voir mes reves d'avoir ci-dessous) pour " être ses rêves " ?
 
Mon " être " :  
Devenir ce que je veux être vraiment, me donner les moyens de faire vivre mes rêves, mettre nos projets en mouvement, établir le cahier des charges de nos future nouvelle vie, faire la liste de ce que l'on veut pour l'avenir de nos enfants...
Bref, devenir acteur de notre vie, et non la subir... comme l'écrivait  Pablo Neruda  dans son poème " Il meurt lentement..." ...
 
Mon " avoir "  :
Le verbe "avoir"  dans notre société signifie bien souvent "posséder" des objets dont nous n'avons au final pas tellement besoin, qui sont le plus souvent jetés. Un gâchi d'energie, de CO2, de matières premières déjà au bord de l'épuisement.
L'  "avoir" prime alors sur l' " être" délaissé dans notre société où tout n'est que consommation.
Mais, je prends ici le parti de modifier la conception habituelle du verbe " avoir".
 
Mes principaux  rêves d ' "avoir"  sont :
AVOIR  un habitat sain dont l'environnement puisse nous permettre de vivre à la fois proche de l' autosuffisance ( alimentaire, énergétique, en eau...)  et des circuits courts ( AMAP, vente directe des producteurs...)
AVOIR une alimentation saine et respectueuse de l'environnement , pour nous , mais surtout pour nos enfants ( à ce propos, l'excellent film Nos enfants nous accuseront )
AVOIR une vieille roulotte au fond du jardin que je pourrai restaurer...
AVOIR un atelier pour créer de mes mains à mes heures perdues
... que sais-je encore,  ils sont si nombreux !
 
AVOIR, c'est donc aussi : faire soi -même, avoir des compétences , acquérir des savoir-faire ( les techniques de l'éco-rénovation,  la couture, le jardinage, la cuisine...) et les réinvestir selon les besoins du moment. Je pense en fait que tout un chacun est capable d'acquérir les compétences qu'il ne soupçonnait pas en dehors du projet qui soutend notre vie.
 
 AVOIR , c'est aussi rechercher localement  les produits et savoirs -faire que nous ne possédons pas. J' évoquai  plus haut des circuits courts d'approvisionnement, la relocalisation des activités. Ainsi, pour le gros oeuvre de notre rénovation, nous nous sommes attachés à choisir des artisans du pays: maçon, charpentier, lauzeur sont ancrés sur le territoire. Les matériaux (lauzes, pierres de taille, bois...) proviennent des environs et cela participe à l'économie locale.
 
En conclusion, AVOIR et ETRE sont deux verbes que l'on peut accommoder, selon l'interprétation qu'on leur donne. Chez nous, ils revêtent des tons différents : FAIRE,  pour AVOIR et ETRE.
 
  Claire

  PS: le poème de Pablo Neruda:

Il meurt lentement 
Celui qui ne voyage pas, 
Celui qui ne lit pas, 
Celui qui n’écoute pas de musique, 
Celui qui ne sait pas trouver 
Grâce à ses yeux. 

Il meurt lentement 
Celui qui détruit son amour propre, 
Celui qui ne se laisse jamais aider. 

Il meurt lentement 
Celui qui devient esclave de l’habitude 
Et faisant tous les jours les mêmes chemins, 
Celui qui ne change jamais de repère, 
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements 
Ou qui ne parle jamais à un inconnu. 

Il meurt lentement 
Celui qui évite la passion 
Et son tourbillon d’émotions, 
Celles qui redonnent la lumière dans les yeux 
Et réparent les cœurs blessés. 

Il meurt lentement 
Celui qui ne change pas de cap 
Lorsqu’il est malheureux 
Au travail ou en amour 
Celui qui ne prend pas de risques 
Pour réaliser ses rêves, 
Celui, qui pas une fois dans sa vie, 
N’a fui les conseils sensés. 

Vis maintenant !! 
Risque toi aujourd’hui !! 
Agis tout de suite !! 
Ne te laisse pas mourir lentement !!
 
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Jeudi 23 avril 2009
- Par Helene
Ce que je fais quand je suis en Corrèze:

- je regarde les vaches, Salers et Aubrac
- je vais à la traite et je re-regarde les vaches...
- j'achète du lait à la traite et le bois tout de suite, encore tiède
- je vais voir les agneaux avec les enfants et on leur donne le biberon
- je papote avec les agriculteurs, m'informe, essaie de comprendre
- je refais le monde avec mon homme
- je taille une haie et des arbres
- je sens les muscles de mes mains, pendant plusieurs jours!
- je regarde l'aînée monter dans les arbres
- je repense à mon enfance dans les arbres
- je regarde de près les 25 taupinières et ne fais rien (que faire?)
- je fais du feu dans la cheminée
- je regarde très longuement le feu dans la cheminée, hypnotisée
- je joue à des jeux de sociétés avec mon conjoint et notre aînée
- je regarde les enfants peindre sur des vieux journaux
- je lis Le Monde Diplomatique de 2008, avant et après peinture
- j'écoute le petit dernier, 2 ans 1/2, qui dit: "attends, maman, je t'explixe..."
- je commence à lire "Anti-Manuel d'écologie" puis "Energie Climat - C'est maintenant! 3 ans pour sauver le monde"
- je ne finis pas "Effondrement"
- je pense au sens de la vie et à notre futur à tous
- je lis des BD et je ris avec mon homme
- je prends l'apéro avec des voisins
- je prends le goûter avec des amis
- je visite leur chantier (P. construit seul une maison en bois de 200m2 et A.M. fait jusqu'à 600 boutures par an pour couvrir leur immense jardin)
- avec les enfants, je
regarde longuement une grenouille désséchée dans un jardin et un loir mort sur la route
- je m'interroge sur "comment être vraiment décroissant à la campagne?" ou "comment vivre sans voiture, loin de tout?"

- je prends des photos (j'aime les gros plans de la nature: pierre, mousse, écorce, terre,...)
- je me ballade dans la forêt et les herbages avec l'aînée et on prend des gros plans à tour de rôle
- je m'émerveille
- je me ballade avec le petit et un "bâton magique"
- je me demande en quoi ce bâton est magique, et je réalise que ce n'est pas le bâton, mais l'instant...

Hélène

PS1: et vous, vous faîtes comment en vacances?
Avec ou sans voiture?

PS2: A voir:
un sujet sur la décroissance sera diffusé le 29 avril 2009 sur Arte dans le magazine Chic (vers midi.) Je parlerai en mon nom mais aussi pour Compact. Je n'ai pas vu l'émission et ne sais as ce qu'ils auront gardé au montage...


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Mercredi 8 avril 2009
- Par Helene
La crise, comme dirait une amie, c'est un peu "comme un oeuf dur sans mayo devant le JT de 13 heures sur TF1..." Difficile à avaler. Et pourtant...

N'est ce pas le moment où jamais pour s'arrêter de courrir en tous sens, de prendre la voiture pour 2 km, de partir en vacances en avion, d'acheter le dernier gadget, de changer d'ordi tous les 2 ans, etc...

Un moment pour s'arrêter et réfléchir...

Quel sens ais-je envie de donner à ma vie?
Ma vie a-t-elle un sens dans la surconsommation?
Quelle place je prends / j'accepte / je choisis sur cette planète?
Qu'est-ce que j'espère pour moi-même et mes enfants et les futures générations?

La crise, c'est peut-être le bon moment pour se poser ces questions... et tenter d'y trouver une ou plusieurs réponses...

Est-ce-que ne plus pouvoir s'acheter le dernier jeu vidéo ou ne plus pouvoir se payer une semaine au soleil va me rendre malheureux? Non, certainement pas. Nos parents et grands-parents n'avaient pas accès à tout ça, et ils n'étaient pas maheureux pour autant! Toutes les études le disent: c'est dans les années 60, où la plupart des français n'avaient pas encore la télé et surement pas 2 voitures par foyer, que l'indice du bonheur était le plus élévé... Pas de jeux vidéos, mais pas de stress au boulot non plus. Une vie plus simple, plus cool. Où l'en s'entraidait entre voisins et amis.
 
Photo 14 - 2 CV Expo Show - Avec le C-Cactus en guestphoto: yahoo!

Et puisque la crise nous est imposée, essayons d'en profiter pour voir le côté positif... (oui, je sais, pour certains, c'est pas facile.)
Si on achète moins, on pollue moins.
Si on pollue moins, on rejette moins de CO2 dans l'atmosphère.
S'il y a moins de CO2, on va freiner le réchauffement climatique... Et ben ça, c'est pas rien!!!

Dans la liste des avantages à devenir compacteur/compactrice, on trouve, en vrac:

- freiner le réchauffement climatique, comme on vient de le voir
- freiner la raréfaction des matières premières (une croissance infinie est impossible sur une planète finie: il nous reste pour environ 50 ans de pétrole et 80 de fer, par ex) Ce qui n'est pas acheté n'est pas produit
- freiner l'utilisation d' énergies (pétrole, gaz, charbon) pour produire ces objets mais aussi pour les acheminer jusqu'à nous
- freiner la pollution: décharges sauvages et incinération; ce qui n'est pas acheté ne finira pas à la poubelle (moyenne de vie d'un objet: 3 jours!)
- freiner la pollution des sols et de l'eau par les pesticides, les engrais, etc (en achetant moins mais mieux: bio par ex)
- freiner la pollution de l'air en feinant/supprimant la voiture, l'avion, les pesticides, etc
- désencombrer sa maison pour (re)trouver un espace de vie zen et agréable
- travailler moins pour s'acheter moins d'objets... et passer du temps à faire ce qui nous plaît vraiment
- voyager autrement et passer des vacances différentes
- j'en passe et des meilleures...

Et puisqu'il nous reste 4 à 10 ans pour changer radicalement nos habitudes, moi je trouve que la crise arrive pile au bon moment (toujours mieux maintenant que dans 15 ans!)

Alors prendre le temps de réfléchir... oui. Et puis agir!

Car je trouve qu'il n'y a rien de pire que de rester chez soi à se lamenter sur le réchauffement climatique et la pollution ambiante, en se disant que le gouvernement (tous les gouvernements en fait) doit faire quelque chose... sans prendre soi-même sa part de responsabilité...

Devenir compactrice me permet de reprendre possession de ma vie, de ce que je veux pour moi et mes enfants, c.a.d. une planète propre où il fait bon vivre. En agissant au quotidien, je ne me sens plus frustrée... Je fais partie du problème quand je surconsomme, mais je fais partie de la solution quand j'arrête. Et ça, ça fait vraiment plaisir...

A la journaliste qui me demandait hier: "Alors, vous êtes fière de ne plus rien acheter?"... j'ai eu un blanc... et ça m'a fait rire. Je ne m'étais jamais posé la question!
Fière de quoi?  De rester chez moi à bouquiner quand je pourrais militer activement aux Amis de la Terre ou à Greenpeace? Alors franchement, devenir compactrice pour moi... c'est la version soft et paresseuse pour participer (à mon échelle) à la sauvegarde de la planète.

Et si en plus, j'évite le supermarché (une corvée!) la malbouffe, les embouteillages, l'encombrement de la maison, l'endettement, etc... je suis ravie!!! Pas fière, non, juste ravie.

Et vous, vous vous sentez comment?

Hélène

ps: 1/ jeudi 9 avril, un spécial "la crise: de nouveaux comportements apparaissent-ils?" sur France Inter de 7h à 9h. Vous pourrez entendre (30 sec?) Laure et moi-même.

2/ Je n'ai pas eu le temps de vous parler du n° 1 de Terra Eco, que le n° 2 vient de sortir en kiosque... Le dossier "Sommes-nous prêts à consommer mieux?" nous apprend que "92% des français se disent prêts à réduire leur consommation"... Vous voyez, c'est ringard de surconsommer... alors que de devenir Compacteur, c'est tendance!






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Jeudi 2 avril 2009
- Par Helene
Ces dernières années, Astrid a dû suivre son mari en missions... Pas toujours facile de vivre simplement à l'autre bout du monde! Elle vous livre ici son bilan personnel...
Hélène

Je croyais être en voie de guérison mais cela ne s'arrange pas en habitant un pays désertique!


Cela fait maintenant 4 ans que je n'habite plus en France. Mon compteur kilométrique et carbone a explosé, et je n'en suis pas du tout fière. Mais avec un mari ingénieur (en développement durable, paradoxal!), et femme au foyer à cause de cette vie de migrants, j'ai longtemps eu le sentiment que je n'avais pas le contrôle total de mon mode de vie.

J'ai vécu 5 mois en Inde, à Pondichéry, puis deux ans en Ecosse, et vis à présent à Abu Dhabi (AD), aux Emirats Arabes Unis. Ce périple a été éreintant, quelquefois déprimant, mais, il m'a permis de m'alléger matériellement à chaque étape, et surtout de passer de la frustration à un peu plus de sérenité. A force de s'installer en terrain inconnu une, deux, trois fois, on finit par être moins exigeant sur son confort matériel, moins tatillon. En réfléchissant maintenant, j'avais à l'époque des exigences vraiment stupides quand je vivais à Paris.

Il me fallait tel carrelage, à trouver là plutôt qu'ici, ne jamais me dessaisir de mes livres, même de ceux que je n'ouvrirais plus jamais, et je comptais bien écumer les brocantes de la région pour amasser, amasser, amasser.
Mais le bilan ne peut s'arrêter à de la vaisselle et des livres.
Est-ce suffisant? Ce qui remplit aujourd'hui notre unique armoire et mes 20 cartons restés en France ne me permettront pas de figurer parmi les pratiquants de la simplicité volontaire, il y a aussi ce qui remplit mon estomac.

J'aime manger, découvrir de nouvelles saveurs et recettes. Je viens d'une famille où la préparation du repas accaparait beaucoup mes deux parents et c'est toujours et encore les petits plats dans les grands à la maison. Ajoutez à cela que je suis d'origine indienne et que j'ai grandi dans une culture qui donnent énormément d'importance à ce qui est cuisiné à la maison, mangé et partagé en famille et entre amis.

En partant vers l'Ecosse, j'ai emmené avec moi les poudres masala maison, les feuilles de laurier-sauce du jardin, les épices pour tagines. Parce que sait-on jamais, dans cette contrée nordique friande de pommes de terre et de sausage links, tous ces trésors auraient été introuvables... (enfin, on peut tout trouver mais à quel prix!) J'angoissais à l'idée de ne plus avoir de choix de yaourts (brassés, nature, sucré, aux fruits, aromatisés, avec de la confiture,...) que la famille écossaise de base ne consomme pas, de charcuterie française, et pire de (vrais) fromages français.

Mais il y a d'autres plaisirs culinaires, et ce n'est pas la fin du monde si on renonce à l'un puis à l'autre parce que cela ne colle plus au souvenir gustatif que l'on en a. Et depuis que j'ai quitté l'Ecosse- je suis vraiment indécrottable-j'ai la nostalgie de ce que j'y ai découvert: haggis végétarien et traditionnel, panais, carottes locales élevées à quelques kilomètres, oatcakes bio et le shortbread fait maison des mamans du mercredi matin.

Pas question ici à Abu Dhabi d'aller m'approvisionner dans un Carrefour, Abela ou Spinneys qui offrent au chaland européen ce qui lui fait défaut.

Mais tout en composant  mon témoignage, je relis les règles de Compact inscrites sur la page d'accueil de ce blog: comment observer ces préceptes quand les évènements professionnels, familiaux nous ont autant promenés?

"Petit 1- Pas d'achats de produits neufs pendant 1 an (on essaie...)" et "Petit 2- Emprunter ou acheter d'occasion", son alternative.
On a tantôt voyagé avec tout notre barda, tantôt sans. Dans les deux cas, il fallait acheter. L'Ecosse offrait un large choix d'objets d'occasion. Ici à Abu Dhabi, il existe un marché de l'occasion à cause des départs incessants d'expatriés, mais nous n'avons pas eu la nécessité de le faire. Rien de bien volontaire dans tout cela, ce sont les circonstances qui m'ont permis de rester "simple".  Bref, plus de bibliothèque à élever, plus de carrelage à poser. Pas de mérite.

"Petit 3- Les exceptions sont: la nourriture (si possible produite à moins de 200km pour éviter le coût environnemental dû au transport); la santé et l'hygiène (les produits d'entretiens sans phosphate, si possible); les sous-vêtements et chaussures"
Là, cela se complique: il y avait bien un marché de produits locaux et bio qui se tenait dans notre quartier à Glasgow tous les 15 jours, et avec le congélateur de l'appartement loué, il aurait été judicieux de faire des courses pour deux semaines. Le prix des aliments en Grande-Bretagne est déjà plus élevé que sur le continent. Et acheter bio, c'est très lourd pour le porte-feuille, même en se disant que ces pommes venues de France bon marché coûtent plus cher en carburant que ces variétés locales en voie de disparition. Je n'ai pas relevé le défi. Aïe!  Je me donnais bonne conscience en snobant les haricots kenyans ou les raisins sud-africains chez le primeur du quartier, mais péchais une semaine plus tard en achetant des concombres amers indiens arrivés par avion...

Quant à mon panier de ménagère à Abu Dhabi, hormis les dattes et quelques légumes-feuilles qui n'arriveront qu'en avril-mai, que peut-on acheter qui n'ai pas parcouru moins de 200 kms? Des oeufs de poules en batterie, du poulet logé à la même enseigne hélas. Pas de bio dans mes superettes locales, chez mes épiciers indiens. Les légumes et fruits viennent au minimum des Etats voisins -Omanou Arabie Saoudite-, ou du sous-continent indien à 3-4 heures d'avion.

Dans tous les cas, je crois que j'aurais fini par adopter une consommation plus respectueuse si j'étais restée longtemps dans chacun de ces endroits. Les bonnes résolutions ne se prennent-elles et ne s'observent-elles que dans les périodes de stabilité géographique?

Ou bien il faut le reconnaître,  il me manque les qualités principales du "compacteur" : voir loin et rester déterminé.

Astrid
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