Vendredi 12 juin 2009
- Par Helene
Compact répond à vos questions... (4ème épisode)

Petit rappel pour les nouveaux lecteurs: en septembre dernier, j'avais mis mes idées au clair, grâce aux  journalistes qui m'assaillaient de questions... Ce qui m'a permi ensuite de laisser de temps à autre un post intitulé "Compact répond à vos questions". Pour réviser:
- Qu'est-ce que Compact? Et pourquoi zéro objets neufs?  (sept 08)
- Ne plus acheter de neuf, n'est-ce pas trop difficile?  (oct 08)
- Vous n'exagérez pas un peu avec votre histoire de pollution des objets neufs?  (fév 09)

Aujourd'hui, je vous propose deux nouvelles questions qui reviennent également fréquemment (lire par exemple les 150 commentaires laissés après l'article sur les compacteurs, dans Rue 89 - voir plus bas) :

Alors, vous êtes contre la croissance?...

La terre est ronde et finie, en espaces et en matières. La croissance, c'est prétendre aujourd'hui que c'est encore possible de faire une coissance infinie dans un monde fini... C'est soit une farce, soit une grosse escroquerie!

Concrètement, en réduisant notre consommation au minimum (est-ce si difficile de supprimer le superflu?  Sommes- nous déjà tous drogués au super confort?) nous parviendrons non seulement à répartir les richesses mais surtout à sauver la planète des catastrophes écologiques annoncées...

http://salma.artblog.fr/41490/DURBAN-AFRIQUE-DU-SUD/

Compact s'adresse t il à tout le monde? même aux pays émergents?


Personnellement, je ne trouve pas que Compact s'adresse à tout le monde... Les gens qui sont dans la précarité et la pauvreté (en France ou ailleurs) ne sont pas concernés par la "démarche Compact".

Compact ne s'adresse pas à eux, parce que:
- ils ne peuvent pas moins consommer que ce qu'ils consomment déjà...
- ils ne surconsomment pas et donc ne polluent pas tant que ça.

Les personnes qui sont dans cette situation ont tout mon respect...

Pourtant, tout le monde est concerné puisque la crise écologique est mondiale : pollution, perte de la biodiversité, réchauffement climatique, etc... et malheureusement, il semble que ce sont les pays du Sud, consommant beaucoup moins que nous, qui sont touchés en premiers par cette crise écologique et qui, pour l'instant, en subissent plus fortement les conséquences. Quelle ironie et quelle injustice!

C'est pourquoi, sans leur faire la morale (ça serait assez déplacé, je trouve) il faut néanmoins les informer... Et là, mon rêve, c'est que la Simplicité Volontaire, façon de vivre tout à fait courante dans les pays émergents, soit valorisée !

Ils ont tant à nous apprendre en matière de Simplicité Volontaire, que ça serait dommage de ne pas les écouter...

On est tous sur la planète terre, dans la même galère écologique... 
Compact cherche à inciter tout le monde à vivre plus simplement, sans sur-consommer pour arrêter de polluer. Nous, occidentaux pourris-gâtés, avons sûrement des leçons de "vivre simplement" et de "joie de vivre dans la simplicité" à apprendre des pays émergents!

Bientôt, un témoignage d'une famille installée à la Réunion.
Et j'espère un jour, des listes de diffusions (comme Compact-France) dans tous les pays francophones, notamment en Afrique...

Hélène


PS: pas de lien direct vers l'article de Julie Marceau, journaliste à Rue 89, mais cliquer ici dans "Société", et descendre au 10/06/09, 12h45...


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Jeudi 4 juin 2009
- Par Helene
Le "Mouvement  pour le Droit et le Respect des Générations Futures" s'est associé à 4 autres ONG européennes pour étudier les pesticides trouvés sur le raisin de table de 5 pays européens (Italie, France, Pays-Bas, Hongrie, Allemagne.)

Grappes de raisins sur leur pied de vigne. Photo © DR
Les résultats ne sont pas fameux - un euphémisme pour dire qu'en gros, c'est la cata: sur 124 échantillons, un seul ne présentait pas de traces de pesticides et 20% des raisins avaient reçus au moins 10 pesticides différents... Ils ont même trouvé des pesticides neurotoxiques, suspectés d’être cancérigènes ou encore pouvant perturber le système hormonal...

Et plus spécifiquement pour la France,
100% des 25 échantillons testés étaient contaminé et 44% des raisins étaient contaminés par au moins 10 pesticides différents. 51 pesticides ont été détectés au total, soit 8,5 pesticides par échantillon en moyenne!


Lire l'étude complète ici: http://www.mdrgf.org/news/news241108_raisin_supermarche_pesticides.html

Que faire, sinon acheter du bio?

Alors que j'expliquais un jour à une amie qu'on ne mangeait bio qu'a 50% à la maison en raison du prix, elle m'a répondu:  "Mais si! le bio, c'est moins cher, car combien ça coûte un cancer? Hors de prix!"
C'est vrai que vu sous cet angle...

Et puis de toute façon, pas la peine de manger du raisin maintenant, ça n'est pas la saison et il vient du Chili... (bonjour le CO2!)

La prochaine fois, je vous parlerai des fraises qui viennent d'Espagne...

Hélène

PS 1 : Info importante, le MDRGF est aujourd'hui assigné  en justice
devant le Tribunal de Grande Instance de Paris par la Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table. Cette Fédération de producteurs de la FNSEA les assigne pour un soit disant "dénigrement du raisin de table" suite à la publication d’analyses de résidus de pesticides dans des raisins de tables vendus dans des supermarchés réalisées en novembre 2008 avec quatre autres associations européennes. La Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table (FNPRT) leur demande 500 000 Euros pour dénigrement.

Il faut dire que cette étude dérange beaucoup tous ceux qui voudraient que rien ne change dans les pratiques agricoles polluantes actuelles...

Aujourd'hui c'est la survie même de notre association qui est menacée. Pire encore, c'est la liberté que tout contre pouvoir citoyen a dans ce pays de pouvoir réaliser et publier un travail d'information qui est mise en cause !
On nous fait aujourd'hui un procès pour nous faire taire, comme aux Etats Unis ou au Canada des entreprises intentent des 'poursuites baïllons' contre leurs opposants depuis des années déjà !
Il est urgent de réagir ! C'est ce qu'on déjà fait plusieurs personnes regroupées dans une association de soutien : Ensemble pour les Générations Futures. Cette association a mis en ligne ce jour un site dédié au soutien au MDRGF :
http://www.generations-futures.org


Et maintenant, je me demande: pour le plan
Ecophyto 2018 issu du Grenelle, qui prévoit de réduire de moitié en 10 ans l’usage des pesticides en France, on fait comment?...

PS 2 : Expositions aux pesticides et cancer du pancréas:

Deux herbicides , la pendimethaline and l'EPTC, on montré une association exposition/réponse statistiquement significative avec le cancer du pancréas selon une nouvelle étude. Cette étude : “Agricultural Pesticide Use And Pancreatic Cancer Risk In The Agricultural Health Study Cohort,” publiée dans l' " International Journal of Cancer", est une étude cas témoin sur des applicateurs de pesticides et leurs épouses dans les états de l'Iowa et de la Caroline du Nord. L'étude montre un risque multiplié par trois dans le cas d'une utilisation durant la vie entière de pendimethaline et un risque multiplié par 2,5 en cas d'utilisation pendant la vie entière d'EPTC, par rapport à ceux n'ayant jamais utilisé ces produits. De plus le fait d'avoir utilisé un des cinq pesticides trifluraline, chlorimuron-ethyl, pendimethaline, EPTC ou heptachlor augmente, selon l'étude, lerisque de caner du pancréas de 40%.
A noter que la pendimethaline est listée cancérigène possible et perturbateur endocrinien suspecté aux USA.

Pour lire l'étude entière en anglais :
http://www3.interscience.wiley.com/cgi-bin/fulltext/121538829/PDFSTART?CRETRY=1&SRETRY=0
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Vendredi 15 mai 2009
- Par Helene
Paul Ariès était interviewé par Laure N. la semaine dernière. L'article date du 4 mai, désolée pour le retard... mais je suis en pleine décroissance!

Voici 3 extraits de l'article, et je vous encourage à lire l'article en entier, c'est vraiment intéressant... sans parler des commentaires, jusqu'au dernier, où Paul Ariès répond.



Laure: D'obama à Borloo, tout le monde pique des idées aux objecteurs de croissance. Ca sent l'effet de mode, non?

Paul Ariès: Tout le monde se veut aujourd’hui écolo depuis, notamment, la mascarade du Grenelle de l’environnement. Conséquence : on parle de plus en plus de croissance verte, de capitalisme vert, bref on a tout oublié. Le pire est lorsque la décroissance passe dans certains médias pour être un discours d’adaptation à la crise. Comme si nous faisions la pub des hard discount et des prix bas, voire de la récupération dans les poubelles pour les plus pauvres. La décroissance n’est pas une stratégie d’adaptation individuelle ou collective à la misère du monde. Elle ne propose pas des recettes pour vivre avec moins et l’espoir de pouvoir reconsommer demain comme avant.

Nous ne sommes pas des consommateurs radins ou malins, nous sommes des militants politiques qui veulent changer le monde. Nous ne donnons pas des recettes pour apprendre à mieux se serrer la ceinture en conservant le sourire. Nous ne sommes pas dans l’union sacrée pour sauver le système. Nous cultivons le dissensus car nous pensons que ce système est foncièrement mauvais, immoral et dangereux.


Laure: Comment s’articule la décroissance ?


Paul Ariès: Selon trois formes de résistance. D’abord, la simplicité volontaire qui consiste à vivre en conformité avec ses valeurs. Cela semble aller de soi mais toute une tradition politique remettait aux lendemains du Grand Soir ce changement nécessaire des modes de vie et comme ce grand soir ressemblait souvent à des petits matins blêmes, on n’a finalement pas changé grand-chose. Tout ce qui va dans ce sens est donc positif, comme ne pas avoir de voiture, travailler à temps partiel, etc.

Mais si nous ne faisions que cela, la simplicité volontaire serait doublement dangereuse. Elle pousserait les objecteurs à se vivre comme les nouveaux parfaits, les nouveaux Cathares, à jouer à «plus-décroissant-que-moi-tu-meurs». La décroissance passerait alors d’un discours politique à une logique religieuse.

Le second piège serait d’entériner la division de la société et sa tendance à la dualisation. Notre but n’est pas de vivre entre nous une utopie concrète, il est de changer fondamentalement la société. Ensuite, les expérimentations collectives sont également indispensables. Nous devons bricoler des alternatives dans les franges, dans les marges et au cœur de la société.

Nous devons cependant être conscients que le capitalisme a une extraordinaire capacité de récupération. Il a détourné l’idée de microcrédit pour étendre la marchandisation. Il a dénaturé l’agriculture biologique pour en faire la bio-industrie. Pour finir, un troisième niveau de résistance, politique cette fois, est nécessaire.

(...) On peut reprocher tout ce que l’on veut à la société consumériste, mais on n’arrivera à sa cheville en matière de désir. Cette société sait capter le désir : nous sommes tombés dedans il y a soixante-dix ans et nous en voulons encore. Pour la décroissance, reste à rendre le projet désirable.


Et voilà, pour moi, tout est là: il faut arriver à rendre la décroissance désirable... Vaste projet, car quand on explique aux gens qu'on se sent mieux ainsi (plutôt que de regarder la télé, changer de garde-robe à chaque saison, s'offrir des cadeaux venant des supermarchés... on préfère travailler moins pour flâner plus et consommer moins pour polluer moins) on nous regarde en général avec des yeux ronds d'incompréhension!


Alors, comment rivaliser? Des idées?


Hélène


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Dimanche 3 mai 2009
- Par Helene
Claire est notre invitée cette semaine.
Claire et sa famille voulaient depuis longtemps vivre au plus près de la nature et de ses rythmes.
Ils se sont lancés dans la rénovation écologique d'une ancienne ferme en Haute Loire, en partie en auto- construction, avec le souci de vivre avec les enfants dans un environnement sain. La seconde partie du projet (après l'habitat) sera de tenter de subvenir le plus possible à leurs besoins alimentaires grâce au terrain. Claire a créé un blog racontant son aventure.
Elle nous livre ici quelques unes de ses réflexions...
Hélène


Etre et avoir...
 
Notre projet d'auto / éco-rénovation  d'une ancienne ferme en Haute Loire et d'installation en territoire rural nous permet de réfléchir un peu plus sur ces deux termes habituellement antagonistes.
Voici donc une petite interprétation personnelle de ces deux verbes.
Pourquoi ne  pas " avoir " (voir mes reves d'avoir ci-dessous) pour " être ses rêves " ?
 
Mon " être " :  
Devenir ce que je veux être vraiment, me donner les moyens de faire vivre mes rêves, mettre nos projets en mouvement, établir le cahier des charges de nos future nouvelle vie, faire la liste de ce que l'on veut pour l'avenir de nos enfants...
Bref, devenir acteur de notre vie, et non la subir... comme l'écrivait  Pablo Neruda  dans son poème " Il meurt lentement..." ...
 
Mon " avoir "  :
Le verbe "avoir"  dans notre société signifie bien souvent "posséder" des objets dont nous n'avons au final pas tellement besoin, qui sont le plus souvent jetés. Un gâchi d'energie, de CO2, de matières premières déjà au bord de l'épuisement.
L'  "avoir" prime alors sur l' " être" délaissé dans notre société où tout n'est que consommation.
Mais, je prends ici le parti de modifier la conception habituelle du verbe " avoir".
 
Mes principaux  rêves d ' "avoir"  sont :
AVOIR  un habitat sain dont l'environnement puisse nous permettre de vivre à la fois proche de l' autosuffisance ( alimentaire, énergétique, en eau...)  et des circuits courts ( AMAP, vente directe des producteurs...)
AVOIR une alimentation saine et respectueuse de l'environnement , pour nous , mais surtout pour nos enfants ( à ce propos, l'excellent film Nos enfants nous accuseront )
AVOIR une vieille roulotte au fond du jardin que je pourrai restaurer...
AVOIR un atelier pour créer de mes mains à mes heures perdues
... que sais-je encore,  ils sont si nombreux !
 
AVOIR, c'est donc aussi : faire soi -même, avoir des compétences , acquérir des savoir-faire ( les techniques de l'éco-rénovation,  la couture, le jardinage, la cuisine...) et les réinvestir selon les besoins du moment. Je pense en fait que tout un chacun est capable d'acquérir les compétences qu'il ne soupçonnait pas en dehors du projet qui soutend notre vie.
 
 AVOIR , c'est aussi rechercher localement  les produits et savoirs -faire que nous ne possédons pas. J' évoquai  plus haut des circuits courts d'approvisionnement, la relocalisation des activités. Ainsi, pour le gros oeuvre de notre rénovation, nous nous sommes attachés à choisir des artisans du pays: maçon, charpentier, lauzeur sont ancrés sur le territoire. Les matériaux (lauzes, pierres de taille, bois...) proviennent des environs et cela participe à l'économie locale.
 
En conclusion, AVOIR et ETRE sont deux verbes que l'on peut accommoder, selon l'interprétation qu'on leur donne. Chez nous, ils revêtent des tons différents : FAIRE,  pour AVOIR et ETRE.
 
  Claire

  PS: le poème de Pablo Neruda:

Il meurt lentement 
Celui qui ne voyage pas, 
Celui qui ne lit pas, 
Celui qui n’écoute pas de musique, 
Celui qui ne sait pas trouver 
Grâce à ses yeux. 

Il meurt lentement 
Celui qui détruit son amour propre, 
Celui qui ne se laisse jamais aider. 

Il meurt lentement 
Celui qui devient esclave de l’habitude 
Et faisant tous les jours les mêmes chemins, 
Celui qui ne change jamais de repère, 
Ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements 
Ou qui ne parle jamais à un inconnu. 

Il meurt lentement 
Celui qui évite la passion 
Et son tourbillon d’émotions, 
Celles qui redonnent la lumière dans les yeux 
Et réparent les cœurs blessés. 

Il meurt lentement 
Celui qui ne change pas de cap 
Lorsqu’il est malheureux 
Au travail ou en amour 
Celui qui ne prend pas de risques 
Pour réaliser ses rêves, 
Celui, qui pas une fois dans sa vie, 
N’a fui les conseils sensés. 

Vis maintenant !! 
Risque toi aujourd’hui !! 
Agis tout de suite !! 
Ne te laisse pas mourir lentement !!
 
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Jeudi 23 avril 2009
- Par Helene
Ce que je fais quand je suis en Corrèze:

- je regarde les vaches, Salers et Aubrac
- je vais à la traite et je re-regarde les vaches...
- j'achète du lait à la traite et le bois tout de suite, encore tiède
- je vais voir les agneaux avec les enfants et on leur donne le biberon
- je papote avec les agriculteurs, m'informe, essaie de comprendre
- je refais le monde avec mon homme
- je taille une haie et des arbres
- je sens les muscles de mes mains, pendant plusieurs jours!
- je regarde l'aînée monter dans les arbres
- je repense à mon enfance dans les arbres
- je regarde de près les 25 taupinières et ne fais rien (que faire?)
- je fais du feu dans la cheminée
- je regarde très longuement le feu dans la cheminée, hypnotisée
- je joue à des jeux de sociétés avec mon conjoint et notre aînée
- je regarde les enfants peindre sur des vieux journaux
- je lis Le Monde Diplomatique de 2008, avant et après peinture
- j'écoute le petit dernier, 2 ans 1/2, qui dit: "attends, maman, je t'explixe..."
- je commence à lire "Anti-Manuel d'écologie" puis "Energie Climat - C'est maintenant! 3 ans pour sauver le monde"
- je ne finis pas "Effondrement"
- je pense au sens de la vie et à notre futur à tous
- je lis des BD et je ris avec mon homme
- je prends l'apéro avec des voisins
- je prends le goûter avec des amis
- je visite leur chantier (P. construit seul une maison en bois de 200m2 et A.M. fait jusqu'à 600 boutures par an pour couvrir leur immense jardin)
- avec les enfants, je
regarde longuement une grenouille désséchée dans un jardin et un loir mort sur la route
- je m'interroge sur "comment être vraiment décroissant à la campagne?" ou "comment vivre sans voiture, loin de tout?"

- je prends des photos (j'aime les gros plans de la nature: pierre, mousse, écorce, terre,...)
- je me ballade dans la forêt et les herbages avec l'aînée et on prend des gros plans à tour de rôle
- je m'émerveille
- je me ballade avec le petit et un "bâton magique"
- je me demande en quoi ce bâton est magique, et je réalise que ce n'est pas le bâton, mais l'instant...

Hélène

PS1: et vous, vous faîtes comment en vacances?
Avec ou sans voiture?

PS2: A voir:
un sujet sur la décroissance sera diffusé le 29 avril 2009 sur Arte dans le magazine Chic (vers midi.) Je parlerai en mon nom mais aussi pour Compact. Je n'ai pas vu l'émission et ne sais as ce qu'ils auront gardé au montage...


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Mercredi 8 avril 2009
- Par Helene
La crise, comme dirait une amie, c'est un peu "comme un oeuf dur sans mayo devant le JT de 13 heures sur TF1..." Difficile à avaler. Et pourtant...

N'est ce pas le moment où jamais pour s'arrêter de courrir en tous sens, de prendre la voiture pour 2 km, de partir en vacances en avion, d'acheter le dernier gadget, de changer d'ordi tous les 2 ans, etc...

Un moment pour s'arrêter et réfléchir...

Quel sens ais-je envie de donner à ma vie?
Ma vie a-t-elle un sens dans la surconsommation?
Quelle place je prends / j'accepte / je choisis sur cette planète?
Qu'est-ce que j'espère pour moi-même et mes enfants et les futures générations?

La crise, c'est peut-être le bon moment pour se poser ces questions... et tenter d'y trouver une ou plusieurs réponses...

Est-ce-que ne plus pouvoir s'acheter le dernier jeu vidéo ou ne plus pouvoir se payer une semaine au soleil va me rendre malheureux? Non, certainement pas. Nos parents et grands-parents n'avaient pas accès à tout ça, et ils n'étaient pas maheureux pour autant! Toutes les études le disent: c'est dans les années 60, où la plupart des français n'avaient pas encore la télé et surement pas 2 voitures par foyer, que l'indice du bonheur était le plus élévé... Pas de jeux vidéos, mais pas de stress au boulot non plus. Une vie plus simple, plus cool. Où l'en s'entraidait entre voisins et amis.
 
Photo 14 - 2 CV Expo Show - Avec le C-Cactus en guestphoto: yahoo!

Et puisque la crise nous est imposée, essayons d'en profiter pour voir le côté positif... (oui, je sais, pour certains, c'est pas facile.)
Si on achète moins, on pollue moins.
Si on pollue moins, on rejette moins de CO2 dans l'atmosphère.
S'il y a moins de CO2, on va freiner le réchauffement climatique... Et ben ça, c'est pas rien!!!

Dans la liste des avantages à devenir compacteur/compactrice, on trouve, en vrac:

- freiner le réchauffement climatique, comme on vient de le voir
- freiner la raréfaction des matières premières (une croissance infinie est impossible sur une planète finie: il nous reste pour environ 50 ans de pétrole et 80 de fer, par ex) Ce qui n'est pas acheté n'est pas produit
- freiner l'utilisation d' énergies (pétrole, gaz, charbon) pour produire ces objets mais aussi pour les acheminer jusqu'à nous
- freiner la pollution: décharges sauvages et incinération; ce qui n'est pas acheté ne finira pas à la poubelle (moyenne de vie d'un objet: 3 jours!)
- freiner la pollution des sols et de l'eau par les pesticides, les engrais, etc (en achetant moins mais mieux: bio par ex)
- freiner la pollution de l'air en feinant/supprimant la voiture, l'avion, les pesticides, etc
- désencombrer sa maison pour (re)trouver un espace de vie zen et agréable
- travailler moins pour s'acheter moins d'objets... et passer du temps à faire ce qui nous plaît vraiment
- voyager autrement et passer des vacances différentes
- j'en passe et des meilleures...

Et puisqu'il nous reste 4 à 10 ans pour changer radicalement nos habitudes, moi je trouve que la crise arrive pile au bon moment (toujours mieux maintenant que dans 15 ans!)

Alors prendre le temps de réfléchir... oui. Et puis agir!

Car je trouve qu'il n'y a rien de pire que de rester chez soi à se lamenter sur le réchauffement climatique et la pollution ambiante, en se disant que le gouvernement (tous les gouvernements en fait) doit faire quelque chose... sans prendre soi-même sa part de responsabilité...

Devenir compactrice me permet de reprendre possession de ma vie, de ce que je veux pour moi et mes enfants, c.a.d. une planète propre où il fait bon vivre. En agissant au quotidien, je ne me sens plus frustrée... Je fais partie du problème quand je surconsomme, mais je fais partie de la solution quand j'arrête. Et ça, ça fait vraiment plaisir...

A la journaliste qui me demandait hier: "Alors, vous êtes fière de ne plus rien acheter?"... j'ai eu un blanc... et ça m'a fait rire. Je ne m'étais jamais posé la question!
Fière de quoi?  De rester chez moi à bouquiner quand je pourrais militer activement aux Amis de la Terre ou à Greenpeace? Alors franchement, devenir compactrice pour moi... c'est la version soft et paresseuse pour participer (à mon échelle) à la sauvegarde de la planète.

Et si en plus, j'évite le supermarché (une corvée!) la malbouffe, les embouteillages, l'encombrement de la maison, l'endettement, etc... je suis ravie!!! Pas fière, non, juste ravie.

Et vous, vous vous sentez comment?

Hélène

ps: 1/ jeudi 9 avril, un spécial "la crise: de nouveaux comportements apparaissent-ils?" sur France Inter de 7h à 9h. Vous pourrez entendre (30 sec?) Laure et moi-même.

2/ Je n'ai pas eu le temps de vous parler du n° 1 de Terra Eco, que le n° 2 vient de sortir en kiosque... Le dossier "Sommes-nous prêts à consommer mieux?" nous apprend que "92% des français se disent prêts à réduire leur consommation"... Vous voyez, c'est ringard de surconsommer... alors que de devenir Compacteur, c'est tendance!






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Jeudi 2 avril 2009
- Par Helene
Ces dernières années, Astrid a dû suivre son mari en missions... Pas toujours facile de vivre simplement à l'autre bout du monde! Elle vous livre ici son bilan personnel...
Hélène

Je croyais être en voie de guérison mais cela ne s'arrange pas en habitant un pays désertique!


Cela fait maintenant 4 ans que je n'habite plus en France. Mon compteur kilométrique et carbone a explosé, et je n'en suis pas du tout fière. Mais avec un mari ingénieur (en développement durable, paradoxal!), et femme au foyer à cause de cette vie de migrants, j'ai longtemps eu le sentiment que je n'avais pas le contrôle total de mon mode de vie.

J'ai vécu 5 mois en Inde, à Pondichéry, puis deux ans en Ecosse, et vis à présent à Abu Dhabi (AD), aux Emirats Arabes Unis. Ce périple a été éreintant, quelquefois déprimant, mais, il m'a permis de m'alléger matériellement à chaque étape, et surtout de passer de la frustration à un peu plus de sérenité. A force de s'installer en terrain inconnu une, deux, trois fois, on finit par être moins exigeant sur son confort matériel, moins tatillon. En réfléchissant maintenant, j'avais à l'époque des exigences vraiment stupides quand je vivais à Paris.

Il me fallait tel carrelage, à trouver là plutôt qu'ici, ne jamais me dessaisir de mes livres, même de ceux que je n'ouvrirais plus jamais, et je comptais bien écumer les brocantes de la région pour amasser, amasser, amasser.
Mais le bilan ne peut s'arrêter à de la vaisselle et des livres.
Est-ce suffisant? Ce qui remplit aujourd'hui notre unique armoire et mes 20 cartons restés en France ne me permettront pas de figurer parmi les pratiquants de la simplicité volontaire, il y a aussi ce qui remplit mon estomac.

J'aime manger, découvrir de nouvelles saveurs et recettes. Je viens d'une famille où la préparation du repas accaparait beaucoup mes deux parents et c'est toujours et encore les petits plats dans les grands à la maison. Ajoutez à cela que je suis d'origine indienne et que j'ai grandi dans une culture qui donnent énormément d'importance à ce qui est cuisiné à la maison, mangé et partagé en famille et entre amis.

En partant vers l'Ecosse, j'ai emmené avec moi les poudres masala maison, les feuilles de laurier-sauce du jardin, les épices pour tagines. Parce que sait-on jamais, dans cette contrée nordique friande de pommes de terre et de sausage links, tous ces trésors auraient été introuvables... (enfin, on peut tout trouver mais à quel prix!) J'angoissais à l'idée de ne plus avoir de choix de yaourts (brassés, nature, sucré, aux fruits, aromatisés, avec de la confiture,...) que la famille écossaise de base ne consomme pas, de charcuterie française, et pire de (vrais) fromages français.

Mais il y a d'autres plaisirs culinaires, et ce n'est pas la fin du monde si on renonce à l'un puis à l'autre parce que cela ne colle plus au souvenir gustatif que l'on en a. Et depuis que j'ai quitté l'Ecosse- je suis vraiment indécrottable-j'ai la nostalgie de ce que j'y ai découvert: haggis végétarien et traditionnel, panais, carottes locales élevées à quelques kilomètres, oatcakes bio et le shortbread fait maison des mamans du mercredi matin.

Pas question ici à Abu Dhabi d'aller m'approvisionner dans un Carrefour, Abela ou Spinneys qui offrent au chaland européen ce qui lui fait défaut.

Mais tout en composant  mon témoignage, je relis les règles de Compact inscrites sur la page d'accueil de ce blog: comment observer ces préceptes quand les évènements professionnels, familiaux nous ont autant promenés?

"Petit 1- Pas d'achats de produits neufs pendant 1 an (on essaie...)" et "Petit 2- Emprunter ou acheter d'occasion", son alternative.
On a tantôt voyagé avec tout notre barda, tantôt sans. Dans les deux cas, il fallait acheter. L'Ecosse offrait un large choix d'objets d'occasion. Ici à Abu Dhabi, il existe un marché de l'occasion à cause des départs incessants d'expatriés, mais nous n'avons pas eu la nécessité de le faire. Rien de bien volontaire dans tout cela, ce sont les circonstances qui m'ont permis de rester "simple".  Bref, plus de bibliothèque à élever, plus de carrelage à poser. Pas de mérite.

"Petit 3- Les exceptions sont: la nourriture (si possible produite à moins de 200km pour éviter le coût environnemental dû au transport); la santé et l'hygiène (les produits d'entretiens sans phosphate, si possible); les sous-vêtements et chaussures"
Là, cela se complique: il y avait bien un marché de produits locaux et bio qui se tenait dans notre quartier à Glasgow tous les 15 jours, et avec le congélateur de l'appartement loué, il aurait été judicieux de faire des courses pour deux semaines. Le prix des aliments en Grande-Bretagne est déjà plus élevé que sur le continent. Et acheter bio, c'est très lourd pour le porte-feuille, même en se disant que ces pommes venues de France bon marché coûtent plus cher en carburant que ces variétés locales en voie de disparition. Je n'ai pas relevé le défi. Aïe!  Je me donnais bonne conscience en snobant les haricots kenyans ou les raisins sud-africains chez le primeur du quartier, mais péchais une semaine plus tard en achetant des concombres amers indiens arrivés par avion...

Quant à mon panier de ménagère à Abu Dhabi, hormis les dattes et quelques légumes-feuilles qui n'arriveront qu'en avril-mai, que peut-on acheter qui n'ai pas parcouru moins de 200 kms? Des oeufs de poules en batterie, du poulet logé à la même enseigne hélas. Pas de bio dans mes superettes locales, chez mes épiciers indiens. Les légumes et fruits viennent au minimum des Etats voisins -Omanou Arabie Saoudite-, ou du sous-continent indien à 3-4 heures d'avion.

Dans tous les cas, je crois que j'aurais fini par adopter une consommation plus respectueuse si j'étais restée longtemps dans chacun de ces endroits. Les bonnes résolutions ne se prennent-elles et ne s'observent-elles que dans les périodes de stabilité géographique?

Ou bien il faut le reconnaître,  il me manque les qualités principales du "compacteur" : voir loin et rester déterminé.

Astrid
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Publié dans : Témoignage - Recommander
Vendredi 27 mars 2009
- Par Helene
Martine est passée d' une grande boîte de pub à devenir "concierge durable" comme elle aime à se présenter (son site ici: pour les entreprises et salariés qui veulent recourir facilement aux solutions durables.) Un peu comme je suis moi-même passée de commerciale à enseignante: un beau jour, on n'en peut plus et ça devient évident...
Bonne chance Martine, dans cette nouvelle aventure!

Hélène

P.S.: Dans un autre registre, samedi soir, quoique vous fassiez de 20h30 à 21h30, faîtes-le dans le noir!
Un geste simple mais fort pour la planète... C'est "Earth Hour 2009"



Pardonnez-moi, car j’ai péché. Par action et par omission…

J’aimais les animaux, nous en avons toujours eu à la maison qui venaient de la rue ou de la SPA, et je me lamentais devant les images des animaux en batterie. Je pensais que c’était le maximum que je puisse faire.

La terre, je la respectais, au cours de mes balades, puisque je ne jetais pas de papier, je n’arrachais pas de fleurs. Et je croyais que c’était déjà beaucoup.

Lorsque j’étais étudiante, je mangeais équilibré…mais uniquement des plats préparés, des légumes et fruits sans avoir aucune idée de leur saisonnalité, sans jamais regarder la liste des colorants et conservateurs. Je n’avais pas compris pas que cela avait de l’importance.

Quand il a fallu décider de mon orientation professionnelle, je cherchais juste un métier où il ne fallait pas trop travailler. Alors me voilà, par chance ( ?) stagiaire dans une des plus grandes agences de l’époque : Roux Séguéla Cayzac et Goudard. Grâce aux honoraires obtenus par l’agence, nous pouvions profiter de fêtes extraordinaires à Versailles, ou encore dans les locaux de l’agence. Parfois en 1 journée, nous pouvions participer à 3 fêtes, avec buffet, champagne, musique…

J’étais donc globalement un gentille jeune fille, honnête et équilibrée qui s’amusait, sans penser plus loin que ça.

Puis nous avons connu aussi à ce moment là, la crise, une autre. Les relations dans les agences se sont durcies, on riait moins, chacun se battait pour sa place au détriment de celle du voisin.
Le monde de la publicité qui m’avait amusée, sans que jamais je ne le prenne au sérieux m’apparaissait dans toute sa superficialité. Je me demandais ce que je faisais là ?
Ca tombait bien d’ailleurs, puisque l’agence dans laquelle j’étais à ce moment là, en était arrivée également à la même conclusion:  « Que fait-elle là ? »

Je consacrais mon temps à découvrir internet. Enfin un moyen de pouvoir obtenir des infos immédiatement, d’échanger sans limite, de voyager virtuellement…puis réellement.
Grâce à des contacts que l’on m’avait donnés j’ai voyagé, seule avec mon sac à dos, avec un budget minimum, dans le respect des populations autochtones, de la flore et de la faune, et en limitant mes déchets, mais sans réfléchir à l’impact de mon billet d’avion, ni à celui d’un tas de petites actions que j’allais faire là-bas.

Je sais aujourd’hui que les voyages en avion ne sont pas écologiques et ont des conséquences importantes, mais, quitte à vous choquer, je vous confesse que je ne les regrette pas. Ils m’ont ouvert les yeux sur bien des aspects de la vie, de ma vie, de ma personnalité. J’ai appris que les choses que l’on m’avaient enseignées comme étant LA vérité, ne l’étaient pas. J’ai découvert qu’il n’y avait pas 1 façon de vivre mais des milliers.

Petit à petit les boutiques parisiennes de luxe me sont apparues comme des lieux inutiles alors qu’elles me faisaient rêver avant. Moi qui étais en transe devant des vêtements, je me suis mise à me demander avant chaque achat « est-ce que cela va vraiment changer ma vie ? »
La réponse était bien souvent NON.

Et à partir du moment où vous changez à ce point et que vous n’aimez plus les choses futiles, les relations superficielles, vos anciens amis vous trouvent soudain « trop »…trop ci ou trop ça mais trop. Et vous les découvrez « pas assez ».
Il est alors temps de changer de milieu, de ville, d’amis.

J’ai eu la chance de pouvoir le faire par étapes en travaillant pour un site Internet sur les loisirs, qui privilégie les échanges, la transmission de bons plans grâce au bouche à oreille.

Ma soif d’échange était ainsi satisfaite. Mon impression d’agir aussi, même si cela se limitait aux loisirs.

Et surtout cela m’a permis d’arriver à Marseille, grande et petite ville à la fois. J’ai rencontré de nouvelles personnes, des gens qui étaient « trop » comme mon nouveau moi. A force de discuter avec certains, j’ai soudain réalisé que des paysans étaient en train de fermer leur exploitation parce que moi j’achetais des légumes venus de n’importe où, à n’importe quel moment et à n’importe quel prix.

Une de mes collègues m’a fait rencontrer l’initiative du « panier paysan » qui apporte à domicile des produits de la région, venant de producteurs qu’il a sélectionnés. A partir de là j’ai préféré acheter des légumes qui ont une histoire, du goût, une saison et qui viennent d’une terre riche et durable.
N’ayant jamais réellement cuisiné auparavant, cela m’obligeait à recevoir des légumes que je ne connaissais même pas (topinambours, panais…). Heureusement il y a toujours eu des recettes pour ne pas se sentir totalement perdu.

  J’apprécie aussi l’idée de donner mon argent à de vrais producteurs qui aiment leur travail, la terre, leurs animaux plutôt qu’à des «exploitants » qui justement exploitent des ouvriers, des sols, sans se soucier de l’après.

J’aime aussi l’idée que je nourris sainement ma fille, lui permettant de découvrir des tas de saveurs...

C’est alors qu’a réellement commencé ma rédemption, (ou transformation ?) car une réflexion en a amené une autre, puis une autre…et aujourd’hui je suis ravie de savoir que je n’ai pas encore atteint mes limites.

Pardonnez-moi car j’ai péché, mais c’était surtout par ignorance.


Martine, alias  Concierge durable



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Lundi 23 mars 2009
- Par Helene
Le changement climatique d'origine humaine est la plus grave des menaces glogales auxquelles notre planète est actuellement confrontée.

On brûle trop de charbon, pétrole et gaz, et ces gaz retiennent la chaleur du soleil: d'où l'effet de serre. Les experts prévoient entre 1,5 et 6 ° au pire, d'ici 100 ans. Quand on pense que ce qui nous sépare du dernier âge de glace est 2 ou 3 degré de différence en moyenne...
ça laisse tristement songeur.

C'est donc aux pays qui brûlent le plus de montrer l'exemple. A nous, pays riches,  de produire différement (aux politiques de mettre en place les solutions: on sait qu'elles existent) et aux citoyens de consommer différement... c'est à dire MOINS!

Moins de voiture  (presque plus, puis plus du tout...)
Moins d'avion (franchement, nos parents vivaient mal sans les charters/soleil en hiver?)
Moins de chauffage et plus d'isolation (c'est meilleur pour la santé et au final, on fait des économies...)
Moins d'emballages (dans les fruits et légumes, y'en a pas et c'est meilleur pour la santé!)
Moins de gadgets et de bidouilles qui encombrent notre espace et nos têtes et qui polluent toujours au final, notre air ou notre eau...

Je vous livre ici une petite vidéo de 3 min que j'aime beaucoup.
Elle a été tournée en Belgique (par les Amis de la Terre) sur une plage l'été dernier. Regardez-la avec vos enfants, impliquez-les, ils font partie du changement... et de la solution.

Il nous reste 4 à 10 ans pour changer notre façon de vivre avant que la machine s'emballe toute seule... Alors, on préfère un degré 1/2, ou 6 degrés?

Hélène

p.s. : mauvaise nouvelle. Les politiques ne font rien (lire l'article de Cyrielle ci-dessous) donc il va falloir qu'on mette les bouchées double en attendant qu'ils se réveillent. Et en attendant les prochaines urnes, apostrophez-les! Les députés sont là pour ça... Envoyez-leur la vidéo: vous trouverez toutes leurs adresse mail ici, en cliquant sur leur nom. Allez, faut qu'on s'bouge!


Par Cyrielle Den Hartigh:
Paris, le 20 mars 2009 - Les Chefs d'Etat européens réunis aujourd'hui à Bruxelles ont cloturé le Conseil de Printemps en échouant à débloquer les fonds nécessaires à financer la lutte contre les changements climatiques. Cette décision particulièrement grave remet en question toute la suite des négociations internationales sur le climat, et notamment le volet lié à la participation des pays du Sud. Les Amis de la Terre condamnent fermement cette politique du pire et demandent à l'Union européenne d'assumer ses responsabilités, en s'engageant à fournir dès 2013   35 milliards d'euros aux pays du Sud.

Les financements sont la clef pour engager les pays en voie de développement à signer la suite du protocole de Kyoto qui expire en 2012 et qui sera négocié lors des discussions des Nations unies à Copenhague en décembre 2009. Les pays du Sud n’accepteront pas un nouveau traité sans avoir l’assurance que les pays industrialisés s’engagent significativement à réduire leurs propres émissions et soutiennent financièrement les pays les plus impactés par les changements climatiques. Mais jusqu’à maintenant, les pays de l’Union européenne (UE) n’ont fourni aucun chiffre sur les fonds qu’ils rendraient disponibles. Les pays industrialisés portent pourtant la responsabilité historique des émissions de gaz à effet de serre qui causent aujourd’hui le dérèglement climatique.

« L’UE a parfois été coupable d’inaction. Aujourd’hui cette inaction devient un blocage délibéré à la résolution de la crise climatique. L’Europe doit commencer à payer ses dettes climatiques et proposer au moins 35 milliards d’euros maintenant. » explique Sonja Meister, chargée de campagne Climat pour les Amis de la Terre Europe.

Pour Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre France « L’UE, par son jeu de poker menteur, est en train de compromettre les chances d’obtenir une solution équitable à la crise climatique. Si les pays industrialisés n’agissent pas maintenant, le dérèglement climatique coûtera bien plus cher que l’actuelle crise économique et menacera les vies de millions de personnes à travers le monde ! »

Les Amis de la Terre estiment que, si les gouvernements de l’Union européenne sont sérieux lorsqu’ils affirment vouloir combattre les changements climatiques, ils doivent formuler des propositions sérieuses en termes de financement des pays du Sud impactés par les changements climatiques. Ne rien proposer revient à compromettre les négociations à venir.

L’Union européenne doit aussi urgemment mettre en place des mesures pour réduire ses émissions domestiques de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2020.


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Publié dans : Agir - Recommander
Vendredi 20 mars 2009
- Par Helene

Avant de vous présenter notre invitée du vendredi, sachez qu'aujourd'hui vendredi 20 mars, c'est la journée sans viande: pensez à prendre une belle assiette végétarienne à la cantine ou au resto, et ainsi limiter les gaz à effet de serre! Et bon appétit...


Emeline est notre invitée cette semaine. Elle vit en Allemagne depuis 8 ans et vient de créer No shopping où elle raconte ses débuts dans l'expérience du zéro achat:



L'idée de passer quelques temps sans shopping m'est venue à la lecture du livre Not buying it: My year without shopping de Judith Levine, une journaliste américaine qui a renoncé pendant un an à tout achat. J'avais envie de faire pareil, mais pas vraiment le courage... J'ai repoussé le moment fatidique pendant un an.


En décembre nous avons dû acheter pas mal de choses pour meubler notre nouvelle maison encore vide et c'est après avoir déballé un canapé convertible Ikea si mal cousu et taché que l’on pouvait quasiment ressentir la souffrance du travailleur chinois qui l’avait fabriqué, que j’en ai vraiment eu ras-le-bol. J’ai donc décidé début janvier de passer 4 mois sans shopping, jusqu’à Pâques.


Pour être honnête, je n’ai jamais fait de grosses folies, mais tous les mois j’achetais quand même quelques cosmétiques ou des vêtements et surtout beaucoup de magazines et des livres. C’est d’ailleurs ce qui m’a manqué le plus au début, les magazines, parce que cela a toujours été pour moi un moyen de me récompenser ou de me consoler rapidement et à moindre prix.


Il a également fallu que je change ma manière de penser, avant je réfléchissais souvent à ce que j’allais pouvoir m’acheter, pour être plus jolie, plus intelligente ou pour faire de plus jolis bricolages et ca me rendait heureuse pour quelques temps. Une fois l’achat réalisé, et les premiers jours passés, je n’étais ni plus heureuse ni plus belle et même parfois un peu frustrée d’avoir acheté des choses dont j’aurais pu me passer.


Grâce à ma « cure de désintoxication » je suis plus libre, je n’ai plus l’esprit occupé par mes futurs achats, c’est positif et ca me laisse du temps pour me poser d’autres questions. Parfois trop de questions. Celle qui me taraude le plus : si tout le monde fait comme moi, mon job n’a plus lieu d’être, je travaille dans le marketing et si plus personne n’achète… Je réfléchis beaucoup à changer de voie, mais ce n’est pas si facile lorsqu’on a une famille à nourrir.


Côté pratique, pour le moment, ce n’est pas trop compliqué, j’ai toujours acheté des vêtements de bonne qualité et j’en prends soin, donc j’ai vraiment de quoi m’habiller, mes bottes ne ressemblent plus à rien mais bizarrement ca ne me fait rien d’aller travailler avec. Les livres me manquent un peu mais je découvre les joies de la bibliothèque municipale et des échanges. Quand aux magazines, de toute façon c’est toujours un peu la même chose (surtout les magazines féminins) et le fait de ne plus en acheter m’évite d’avoir envie de m’offrir le dernier rouge à lèvres Chanel ou les dernières chaussures trop tendance. C’est étonnant mais je me sens plus jolie car libérée des contraintes de la mode actuelle.



Le plus gros manque que je ressens c’est au niveau des tissus et des laines. J’aime beaucoup bricoler et même si pour le moment j’essaie d’utiliser les restes que j’ai, je sens que ca va finir par m’ennuyer parce que cela me limite. Je suis en train de me tricoter une écharpe avec de la laine qu’il me restait d’un pull mais lorsqu’elle sera terminée j’aimerais beaucoup me faire un gilet et là je n’ai pas assez de restes pour faire quelque chose de beau. Par ailleurs ma belle mère veut me montrer comment coudre un chemisier et à moins d’en faire un en patchwork, mes chutes de tissu ne vont pas suffire.



Une autre chose qui m’a beaucoup étonnée, les réactions de mon entourage. Mon mari m’observe en souriant gentiment, il n’est pas un gros consommateur (à part les livres), je crois qu’il comprend mon cheminement parce qu’il suit le même que moi, en moins radical peut-être.


Mes amies en revanche ne me comprennent pas: une m’a demandé si nous avions des problèmes d’argent, l’autre trouve que je me gâche la vie avec des résolutions à la noix. Elle n’arrive pas à comprendre que cela puisse avoir un côté libérateur. Quand à mes parents, qui sont plutôt écolos, je ne leur ai pas dit parce je craignais également qu’ils me croient en manque d’argent. C’est bizarre ensuite d’aller en ville avec ces gens et de les regarder acheter: ils se sentent obligés de se justifier et essayent de me faire craquer (comme lors d’un régime). Je n’essaie pourtant de convaincre personne, cette expérience est en premier lieu pour moi.

 

Pour l’instant je tire un bilan très positif de mon expérience sans shopping et réfléchis à la prolonger à un an, en allégeant certaines règles, notamment au niveau de la laine et du tissu...


Emeline


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Publié dans : L'invité-e du vendredi - Recommander

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