Merci la crise! Décroissance, frugalité, écologie...... c'est le moment de changer
Tel est le titre du dernier numéro du Courrier International (n° 954 du 12 au 18 février) que je vous recommande de lire si vous pouvez encore le trouvez...
Le dossier central "Merci la crise!... Cinq raisons d'être optimiste" nous apprend plein de choses sympas (ça change..) Dans l'article "Vous aussi devenez "frugalista"! Leo Hickman (*) écrit:
"Nous nous trouvons face à deux problèmes majeurs: une destruction générale de l'environnement et une crise économique mondiale - et je suis intimenent persuadé que le mode de vie et l'état d'esprit des frugalistas comptent parmi les meilleurs moyens de s'attaquer à cette double menace. Voici pourquoi.
La consommation à outrance est au coeur de ces deux problèmes. Le mode de vie occidental nous impose de
vivre au dessus de nos moyens, qu'il s'agisse des ressources écologiques ou, comme nous le réalisons à présent, des ressources financières. Nous mangeons trop. Nous achetons trop de choses que
nous finissons par jeter à la poubelle. Nous utilisons trop de carburant. Nous empruntons trop d'argent. En d'autres termes, nous vivons au jour le jour, sans nous préoccuper de l'avenir. Cette
approche de la vie nous a procuré beaucoup de plaisirs, mais nous sommes désormais contraints de nous réveiller et de faire face à une énorme gueule de bois après cette longue
fête."
Je suis allé en Italie pour rencontrer Carlo Petrini, fondateur de Slow Food [mouvement “écolo-gastronomique”, lancé à Rome en 1986], au Salon international du goût, à Turin. Je lui ai demandé s’il pensait que les problèmes économiques actuels constituaient une menace ou une chance. “Les deux”, a-t-il répondu, mais il semblait plutôt pencher vers l’optimisme.
(...) la principale leçon à retenir dans cette vie de frugalista, c'est de ne pas stresser en voulant être trop perfectionniste. Bien sûr, on peut toujours faire plus, mais nous vivons dans un monde où le temps et l’argent sont comptés et il nous faut donc être réalistes. Ma philosophie se résume ainsi : mieux vaut tenter des choses et faire partie de la solution que de continuer à faire partie du problème. Vous connaîtrez des échecs, mais au moins vous aurez essayé.”
Ce texte fait écho à celui de Fred Vargas
bien sûr, mais aussi au livre "Comment les riches détruisent la planète" où Hervé Kempf nous explique pourquoi les humains "vivent au
dessus de leurs moyens" et comment cela risque de tous nous tuer...
Quant au mode de vie des "frugalistas" , je m'y reconnais assez bien: on commence par faire ce qu'on peut (la motivation première peut être pour soi-même ou pour la planète) et ensuite, petit à petit, quand on s'est adapté à un premier défi (par exemple: ne plus acheter d'objets neufs) on s'en lance un nouveau (par ex: devenir "locavore"; ne quasi plus utiliser sa voiture ou la vendre si on vit en ville; prendre son vélo pour aller bosser; composter ses épluchures -même en appartement; utiliser des couches lavables; fabriquer ses produits d'entretients; faire tourner les vêtements; manger bio; devenir végétarien; etc...) puis un troisième... (donnez-moi encore d'autres idées...)
C'est vrai que je dis souvent aux gens qu'il vaut mieux tenter l'expérience et rester souple -ne pas se fouetter quand on n'y arrive pas- plutôt que de ne rien tenter du tout et d'ainsi "continuer à faire partie du problème".
Personnellement, il y a des choses que... non, vraiment, je n'ai pas pu (les couches lavables, par exemple)
et pour d'autres, je n'ai pas trouvé la solution tout de suite (j'ai acheté un vélo neuf il y a quelques mois et depuis, on a
trouvé un magasin de vélos d'occasion de qualité...) mais j'ai décidé de ne pas me fouetter, ce qui me permet d'avancer...
A la journaliste de "Elle" qui me demandait ces jours: "Et qu'est-ce que vous allez faire après votre année
d'objets sans achat? Vous revenez à la vie normale?" ...
Mais ma vie normale, c'est ça! Je ne me vois pas "retourner en arrière" , j'entame ma 2ème année avec bonheur et c'est beaucoup plus facile maintenant que j'ai un réseau de magasins d'occasions...
J'ai par exemple plus de difficultés à devenir locavore que compactrice, chacun ses limites.
Je fais du mieux que je peux. A mon rythme.
Et vous, vous en êtes où?
Hélène
1/ Toutes vos expériences nous interessent pour nous faire avancer... Vos commentaires sont précieux à nous tous!
2/ Si vous ne trouvez plus le Courrier Int'al, les articles sont en ligne ici.