Objets, objets.....emménager - version Compact

Publié le par Clemence

De façon inattendue, je me retrouve à expérimenter le désencombrement dont parlait Nathalie dans un précédent post.

En effet, après quelques mois de collocation - qui ne nécessitaient pas l'achat de meubles ni même de vaisselle - je passe en mode mon-appartement-rien-que-pour-moi.

Autonomie retrouvée oui....mais aussi vide !

Ce vide soulève évidemment la question :
- De quoi avons-nous VRAIMENT besoin ?
- D'amour et d'eau claire....
Certe mais encore.

Donc.
De quoi avons besoin de manière INDISPENSABLE pour meubler un petit 40m² et sa cour ?
Le fait que nous soyons aux Etats-Unis temporairement  -mais finalement nous le sommes tous un peu quelque part - nous renforce dans l'idée de nous concentrer sur l'essentiel.
Se concentrer sur l'essentiel en matière d'ameublement et aussi sur les objets d'occasion afin d'éviter Ikéa et autres grandes surfaces. On est parti du postulat qu'avec le même budget, on trouvera des choses d'occasion + solides qu'en version neuve.

Premier bilan après 1 semaine.

- Voisins je vous aime : Ne pas tout avoir permet de solliciter l'aide de ses voisins - notamment le fameux tire-bouchon - et donc de faire de nouvelles rencontres !

- Etre solidaires : Se faire prêter 1 casserole et 1 poêle par des amis qui eux aussi viennent d'emménager (et n'ont pas grand chose) permet de se rendre compte que la solidarité, c'est + un état d'esprit et d'ouverture que véritablement un placard ou un compte en banque plein !

- Les maisons sont encombrées : Nous nous sommes rendus à une garage sales. Les garage sales sont des pratiques courantes aux USA. C'est une sorte de brocante individuelle. Littéralement vous videz votre garage et vendez les petits trucs accumulés. Nous en avons fait une - et pour $10, le vendeur a été heureux de se "débarasser" de 2 chandeliers, 6 verres, 1 grille pain, 2 lampes !

- Des solutions "démerde" existent : Il y a le freecycle, craigslist (site de vente d'occasion) et aussi des magasins dits de charité. Ils vendent ce que des particuliers et entreprises leurs donnent. Sortes de Emmaüs, il y en a plusieurs ici. On y a trouvé notamment des ensembles d'assiettes, deux jardinières-non-indispensables-mais qui-rendent-la-cour-très-jolie et une passeoire.

- Mais ce bilan serait incomplet,voire, je n'ose le dire, mensonger si l'on ne mentionnait pas une petite escapade chez Ikéa.
Et oui, faute de temps (après une semaine de recherches via les moyens ci-dessus), nous n'avions pas trouvé de poêles, de couteaux-qui-coupent, d'économe, de rideau de douche et de.... tire-bouchon.
Bref la honte totale et le remord se sont emparés de nous en sortant.

Pour se rassurer (ben il faut bien quand même), nous en sommes venus à la conclusion qu'il faudrait développer un ikéa version marché de l'occasion.
Oui. très bonne idée.
Cependant.
Prenons un exemple concret.
Prenons un économe.
Chez Ikéa, l'économe est à $1,99.
Comment un magasin "version d'occasion" - si l'on prend en compte le fait d'aller le chercher chez les particuliers, le laver, le mettre en rayon - comment ce nouveau type de magasin pourra proposer  un économe un moins cher et de meilleure qualité ?

De nouveau, on retombe sur l'éternelle question du vrai coût des produits.
Quand Ikéa vend un économe si peu cher, que vend-il vraiment?
Quelle durée de vie pour le produit? Quelle main d'oeuvre? Quel savoir-faire?

Le géant suédois est le symbole de-notre-société-je-veux-tout, tout-pas-cher, tout-maintenant qui + que jamais se prend à son propre jeu.
- D'abord, parce que je finis peut-être par tout avoir. Oui. Mais tout comme mon voisin. Et même tout comme mon voisin lointain.
- Ensuite, parce que ce sont de vraissavoir-faire et des emplois que l'on tue à privilégier un prix sur une qualité.
- Enfin, parce que du lieu de production à notre cuisine,....il y en a de la distance, de l'énergie utilisée et de la pollution.

Et la question.
Celle que l'on peut se poser en regardant en avant.
C'est comment dans le futur revenir à des notions + adéquates avec la réalité et le vrai coût d'un objet ?
Comment faire accepter qu'un économe ça ne coûte pas 1 euro mais bien 10 ?
Comment admettre qu'avec un même budget, demain si on veut mieux consommer, ça passera forcément par moins?



Clémence



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Urutaki 10/04/2011 19:02


A l'attention de Hélène,
Ne sachant pas si vous avez trouvé le livre, datant de 1995, dont vous parlez dans l'un de vos commentaires, je vous en communique les références et vous en souhaite une bonne lecture.
Titre : Le guide des sponsors du FN et de ses amis
Editeur : Raymond Castells
Code Isbn : 2 912587 00 X


déborahmia 14/04/2009 18:15

Cet article est très intéressant, il me donne envie de revenir en lire plus!
Ayant testé dans mes années étudiantes des objets usuels de mauvaise qualité à obsolescence rapide, donc polluants, je préfère aussi investir un peu plus dans la qualité.
J'achète beaucoup moins, mais mieux!

?! 05/03/2009 09:56

Le problème "à la base" est qu'on finit "névrosé(e) du ecologically friendly" et que nos névroses nourrissent un nouveau marché juteux sur lequel nous ne semblons pas avoir plus d'influence que sur les précédents... Le serpent se mord la queue. Nous vivons dans un monde à "grande échelle" en souhaitant vivre dans une société à échelle nationale, ou à la rigueur "nord-américaine" ou "européenne", comme nos grand-parents, "c'était mieux avant" disent certains, "vive la récup'" disent d'autres, pendant que leurs parents baby-boomers (qui ont vaguement fait mai 68), ultra-pollueurs, s'offrent un nouvel appart de standing (le HQE on s'en fout) et se baffrent de produits locaux en chambres d'hôtes 3 étoiles à la campagne. Pendant ce temps-là la progéniture de certains en est rendue à se taper sur les doigts pour avoir mangé du chocolat sous prétexte que le chocolat ne "pousse" pas dans nos contrées... Je trouve qu'on se flagelle beaucoup et qu'on se fait en plus toujours marcher sur les pieds, puisque le Marché continue d'évoluer à sa guise en nous faisant croire qu'il prend en compte nos préoccupations écolos. Nous (citoyens lambdas) sommes "gérés" par des entités qui décident des tendances, de nos comportements, et bien que se concurrençant s'allient en quelque sorte pour nous avoir au final. Il n'y a pas d'uniformisation Ikea/Fnac/Géant-Casino, c'est plus vaste que ça. Par exemple on retrouve un même modèle de vêtement, des motifs d'imprimés identiques (seule la qualité de support -polyester/coton/soie- et de finition change) à travers le monde, que les marques soient américaines, françaises, espagnoles ou scandinaves, de luxe ou discount... Il en est de même pour la "tendance bio", beaucoup ont bien compris comment "gogotter" les bobos et autres "angoissés de la planète". Depuis 3 ans ça pousse comme du chiendent, des "ex-rayeurs de parquet" issus des moules essec/hec nous parlent de rédemption, de nouveau départ, et, connaissant bien les envies dont se défendent les néo-babas citadins, nous pondent du fluide hydratant en packaging airless classe (en plastique, quand-même), du cacao instantané fairtrade et bio, des plats préparés (oublie pas ton micro-onde quand-même)... à croire que nos prairies sont toutes bios, et que les usines productrices marchent à la bonne humeur... Même Mac Do nous la fait "emballages conscientisés" et "recyclage des déchets", profitant de la manne que représente le jeune parent affamé coincé en milieu urbain avec des gamins en bas âge incapables de "tenir" 1 heure dans un resto traditionnel (qui en plus ne chauffe pas le biberon). La semaine on fait pousser des tomates bios sur le balcon et le samedi, en route pour un mariage, on se retrouve coincé au McDo avec des gosses baveux à grignoter des frites molles. Entre autres parce qu'on n'a pas trouvé autre chose. Le petit commerce a bien morflé, l'industrie française (entre autres) aussi, ainsi que l'artisanat... Que l'on veuille dépenser ou non 10 € pour un économe garanti 25 ans fabriqué localement est une question quasi absconse puisqu'il n'y en a pas... ;)

Romane 30/01/2009 11:58

Bonjour et merci de votre réponse,
A ce que j'en sais, malheureusement, ce type d'entreprise peut être tout à fait «clean» avec ses employés, c'est à dire que les usines de sous-traitance (quel que soit le pays) portent un autre nom mais travaillent exclusivement pour elles, dans des conditions tout à fait différentes...
J'arrête de faire du hors sujet maintenant, merci de votre patience ;-).

Clemence 25/01/2009 02:50

Pour Ikéa et leurs valeurs sociales et environnementales, je me basais sur :
1/ Social : Ikea organise une journee durant laquelle tous les benefices engranges sont redistribues aux employés.
2/ Environnemental : Ikea demande a tous ses prestataires de respecter un cahier des charges environnemental. Ex: Ikea demande a la CMA (qui fait de le transport des marchandises) que la peinture utilisee sur les container soit non toxique pour l'environnement. Aussi, pour eviter de couper trop de sapin, Ikea vous propose d'en acheter un en pot et de le ramener ensuite au magasin.
Certes ce ne sont que de petits éléments qui ne pesent pas bien lourds et qui peuvent relever de la com, + que de l'engagement profond.
Je vais aller lire l'article du Monde Diplo et essayer d'avoir d'autres éléments.
Merci Romane pour les liens.