Quel metier est décroissant?

Publié le par Clemence

C'est sans doute idiot. Et même un peu bête.
Mais c'est une question que je me pose.
Ok, ok, ne travaillant qu'à mi-temps en ce moment, j'en ai bien du temps pour me la poser.
Mais je me demande.
Quel métier quand on est décroissant?

Et oui, si l'idée est de ne pas surproduire, il me semble difficile de trouver une entreprise qui aille dans ce sens.
Quand bien même elle vend des éoliennes, quand bien même elle fait de la communication verte, ou encore de la restauration, le but de toute entreprise est forcément la croissance. Certes une croissance verte, mais une croissance quand même et surtout.

Comme je ne pense que l'Etat ne pourra tous nous accueillir. Et comme je crois que cela n'est pas non plus forcément souhaitable.
Comme je pense que l'on n'a malheureusement pas tous l'énergie et le talent d'être artiste.
Alors je me le demande et je répète la question : Quel métier quand on est décroissant?

Je et j'ai travaillé dans la communication.
Pour me rassurer et me donner un semblant de moral, je me dis que oui, c'est essentiel de bien communiquer pour une entreprise ou une organisation.
Mais quand est-ce qu'une entreprise affirme-t-elle que sa communication est bonne?
Et bien quand elle vend davantage mon ami !
Et oui pardi, qu'un projet soit mieux connu, qu'un bilan environnemental soit + positif  ou qu'une stratégie soit mieux appréhendée par le public, très bien.
Mais on saura dire si c'est le cas, si c'est vraiment bien, seulement si le chiffre d'affaires augmente.

On peut se dire que ce n'est pas important.
On peut se dire qu'en dehors son métier, il y a la vie aussi.
On peut se dire qu'on en fait déjà assez pour l'environnement.
C'est sûr et certain.
C'est vrai.
Mais au-delà de l'avenir, c'est d'une cohérence pour soi (enfin pour moi au moins!), dont il s'agit.

Alors je vous le demande sincèrement : Quel métier pour les décroissants?



Clémence

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milka 14/05/2012 21:12

Comme métier il y a tous ce qui touche à l'agriculture et l'artisanat mais aussi ce qu'on appelle le business social, c'est à dire des entreprises qui prennent en compte le bien être de leurs
salariés et leur empreinte écologique (certaines arrive au "zéro carbone" !), en France il y a une association d'aide pour construire son entreprise social, elle s'appelle Ashoka
(http://france.ashoka.org/), sinon il y a un livre qui est très bien (je ne sais pas si tu l'a déjà lu ^^) c'est 80 hommes pour changer le monde de sylvain Darnil et Mathieu LeRoux, ils dressent
les portraits des chefs d'entreprises verte et social ainsi que leurs parcours, d'autres portraits sont dispo sur leurs site : www.80hommes.com/. Moi qui rêve de faire une entreprise de recyclage
de textiles, ce livre m'a beaucoup aidée et encourager !

isolde 25/11/2008 19:31

Réponse rapide : je suis bibliothécaire et je trouve ça drôlement décroissant :
- secteur non marchand
- producteur de culture
- transmission de savoir et du patrimoine collectif local
- éducation à la critique des médias

Andréa 25/11/2008 11:40

Merci pour cet article.

Beaucoup de commentaires mettent en avant le travail avec les enfants. Mais aurait-on besoin de personnes pour garder les enfants si les parents étaient dans un esprit de décroissance et travaillaient moins ?

A part ça, je suis bien d'accord que nous devons allouer notre argent et notre temps à ce dont nous avons besoin en priorité, mais où s'arrête le besoin et où commence le superflu ?

A mes yeux, on peut avoir une entreprise/une activité libérale qui répondent à des besoins essentiels, respectueuse de l'environnement (vraiment, pas une imposture), de ses salariés, etc., et dans ce cas il n'y a pas lieu de limiter sa croissance. En effet, c'est autant de ressources prises aux concurrents qui ne proposent rien de positif.

Celia 22/11/2008 14:55

je travaille dans un institut de recherche et j'aime me dire que je produis du savoir...

Arno 20/11/2008 23:58

Bonjour,

Premièrement bravo pour votre initiative.

Ensuite, moi aussi je me suis posé la question, mais tant que l'argent rentre en jeu, j'ai du mal à trouver une réponse.

Je suis assez d'accord avec le dernier commentaire de sabartes : les besoins essentiels.
Je trouve que c'est plus facile de faire l'inverse : quels sont les métiers à "éliminer"? Mais dans ce cas il faut prévoir des reconversions en masse.
Exemple d'actualité : les personnes qui travaillent dans les usines de fabrication de voiture. Si plus personne achète de voiture (ce qui est une bonne chose), que vont faire les ouvriers? C'est là que la répartition des richesses et du temps est essentielle : pas voiture, pas de budget voiture, besoin de moins d'argent, donc besoin de moins travailler, donc place pour les anciens ouvriers.

En tout cas j'ai essayé de choisir un "métier décroissant" : études et conseils pour la construction/rénovation de bâtiment économe en énergie.