"Tout va très bien", si si je vous assure.

Publié le par Clemence

En discutant il y a quelque jours avec mon cher et tendre, il me disait "Finalement la société de consommation peut être analysée comme un individu en phase de déni".
Humm qu'il est brillant.
Enfin...il est brillant mais sur le coup je me suis contentée d'un hauchement de tête - genre oui-oui-je-vois-tout-à-fait-ce-que-tu-veux-dire.... Mais pour être franche, je n'ai pas immédiatement matérialisé ce qu'il me disait.

Après quelques jours de rélféxion (la lenteur est un luxe qu'il faut savoir s'accorder, non?)...
Après quelques regards perdus au loin, au travers de ma fenêtre......
Après quelques recherches deci, delà...
En effet...
Peut-être sommes-nous, peut-être notre société est dans une grande phase de déni.
Une refus de voir la situation telle qu'elle est.
Mais
malheureusement, une phase de déni est très souvent suivie d'une phase dite de crise.

La phase de déni aggrave le potentiel de la crise
En communication de crise, le + dur est de faire prendre conscience aux membres d'une organisation de la possibilité-même de la crise.
"Non, ça ne nous arrivera jamais"
"Attends, nous sommes parfaitement à l'abri"
"Ce n'est qu'un petit problème.... cela se réglera facilement... personne ne sera au courant"

Tout le monde se croit toujours protégé par une sorte de bulle imaginaire.
C'est normal.
Tout le monde cherche à se rassurer.
Mais ces phrases ne peuvent - qu'au mieux - rassurer celui qui les ennonce.
Le déni n'est qu'une façon de se mentir à soi-même mais ne permet en rien d'éviter la crise...

Eventuellement, il la retarde.... Mais très souvent, + le déni retarde la crise, + grande sera celle-ci.
Et le déni est malheureusement, aussi une phase qui divise. Par peur, chacun se replie sur soi, fait l'autriche et attend la tempête. MA famille, MA maison... l'important est de sauver MES meubles.

La crise en elle-même rapproche ceux qui la vivent
Cependant, si l'on doit voir un aspect positif dans une crise, c'est qu'il est fréquent qu'elle rapproche.
En effet, un crise peut souder l'ensemble des personnes qui la vivent. On se sert davantage les coudes.
Un exemple?
Lors des grèves des transports, les gens ont beaucoup plus tendance à se parler dans la rue. Tout d'un coup, ils sont acteurs de la même difficulté. Ils doivent y faire face et hésitent beaucoup moins à s'entraider.

Et la consommation dans tout ça?
Tout ça appliqué à la consommation = vivons-nous les derniers soubresauts de la phase du déni ?
Sommes-nous dans une société qui se fait croire qu'elle peut encore autant consommer ?
"Faudrait déjà que les Américains arrêtent d'acheter des 4x4"
"Si les Chinois ne font rien, ça ne sert à rien que nous on fasse quelque chose"



Arrêtons de croire au nuage qui passe juste à nos frontières.
Arrêtons de chercher à gagner du temps et à repousser l'action.
Admettons enfin que oui, il va falloir moins consommer.
Je suis persuadée que + tôt on l'admettra, + tôt la société ira mieux, ayant enfin repris pied avec la réalité qui quoiqu'il en soit, peut être plus belle que le simple fait d'acheter.


Clémence



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isolde 30/10/2008 12:20

J'aime beaucoup cette théorie.
Contrairement à Hélène, je pense au contraire que beaucoup de gens ont dépassé le stade du choc et même celui du déni. Sans reparler du concept de "créatifs culturels" (je n'ai jamais trop su ce qu'il y avait derrière, sinon que les "créatifs culturels sont beaucoup plus nombreux qu'ils ne le croient"), je constate des prises de conscience progressives, partielles, mais surtout une grande dépression : "on ne va jamais y arriver, je ne peux pas le faire car (au choix) je n'ai pas les moyens (financiers ou intellectuels - comprendre : changer la nutrition) de manger bio, les décideurs ne veulent pas comprendre, je vais me distinguer du lot".
Ce n'est pas encore assez visible, mais ça vient, ça s'entend.

Et moi dans tout ça ? Je suis dans une phase de net recul, et je contribue en soupirant au réchauffement de la planète, en ce moment. Beaucoup de changements dans ma vie entre juin 2008 et le premier trimestre 2009, et si peu de temps pour les assimiler. Mais ça va revenir.

Hélène 30/10/2008 11:43

Merci Olivier pour ton commentaire... c'est exactement ce que j'avais en tête depuis quelques temps, et je te remercie d'avoir pris le tps de l'écrire.

Pour la crise financière, n'ayant aucun argent "de côté", juste un compte courant et un crédit pour la maison, je ne sais pas encore à quel point je suis concernée... on verra dans les mois à venir. Mais la crise, on l'attendait...

Par contre, pour la crise écologique, le plus je m'informe, et le plus ça me déprime... C'est pourquoi je pense être en phase 4 (non, je ne fais pas une dépression, mais l'idée d'avoir une planète en train de mourir par notre faute, et que nos enfants et petits enfants n'auront certainement pas la même vie d'abondance que nous et nos parents m'inquiète.)
Et bientot en phase 5 j'espère: l'acceptation: ben oui, c'est possible de vivre bien avec bcp moins, donc ça devrait être aussi possible dans 50 ans, quand on aura bcp moins de ressources, que l'eau sera encore plus précieuse, etc.

Par contre, j'imagine que l'humanité en est à la phase 1 pour ce qui est de l'écologie: la crise écologique n'en est qu'a ses débuts, et beaucoup pensent encore qu'on va pouvoir l'éviter (voire même que c'est juste une théorie.)

Je laisse le soins aux scientifiques d'alerter la population (le rapport du WWF qui dit qu'en 2030 il nous faudra une 2ème planète vient de sortit du cercle confidentiel: c'était sur les news de Yahoo ce matin, en ouvrant l'ordi... Les infos commencent à infuser doucement parmis la population.)

Par contre, je crois que c'est à nous, citoyens lambdas, de dire qu'on peut vivre bien ave bcp moins, de montrer l'exemple à tout le monde. Que les gens puissent au moins imaginer la vie autrement... qu'on peut faire ça par choix, en inventant des façons sympas d'agir, et non pas dans l'obligation, d'ici quelques années ou decennies.

Bon recyclage à tous, et amusez vous bien loin des centres commerciaux!

Olivier 29/10/2008 20:33

Bonjour a tous,

Bon je ne suis pas psychologue, mais en effet en pensant a cette crise écologique mondiale et au crash financier actuel (qui prouve au passage a tout ceux qui en doutait encore que le système marche sur la tête), j'ai pense aux différentes phases que les psychologues décrivent couramment a propos des personnes qui traversent un épreuve difficile (par exemple le deuil http://www.psychologies.com/cfml/dossier/c_dossier.cfm?id=581).
Il s'agit donc de plus ou moins 5 rendez vous émotionnels :

1-Le choc (ben oui on s'y attendait pas...)

2-Le déni (mais enfin non, c est pas possible! je ne PEUX pas y croire car c'est beaucoup trop douloureux a accepter, ça implique trop de changement...)

3- La révolte (prise de conscience de la dure réalité, mais auto-défense face a la douleur: je ne VEUX pas y croire car c'est beaucoup trop douloureux...)

4-La dépression (c'est pas juste! comment pourra-t-on vivre maintenant...)

5- L'acceptation (finalement, on se rend compte peu a peu qu'il est possible de vivre après le choc, qu'il est possible de construire un nouveau modèle de vie...)

En pensant a ces différentes phases, je me suis dis que c'était exactement ce qui se passait a l échelle mondiale vis a vis des récentes crise (je ne sais pas si on peut parler de psychologie mondiale... mais bon tentons quand même la comparaison!).

Et je pense plus particulièrement a cette société de consommation qui nous berce d'illusion.
Bref, le choc est arrive : l'évidence du réchauffement climatique, la pollution généralisée...
Et voila, maintenant ou en sommes nous?

Toujours le déni? Ben dis donc, on n a pas fait beaucoup de chemin....
La révolte? pas mal, mais peut mieux faire....
La dépression? ben non faut pas se laisser abattre... tout n est pas perdu! aller on y est presque...

Et enfin, l'acceptation? ben oui, pourquoi pas! Merci compact pour nous montrer que c'est possible.

Espérons que cette progression continuera a faire son chemin... en tout cas la comparaison me parait limpide!

Et vous vous en êtes ou?



Cher et tendre