La fièvre de l'or - le film

Publié le par Helene

Vendredi dernier, je suis allée voir "La fièvre de l'or"  dans mon cinéma préféré (le Méliès) suivi d'un débat fort intéressant avec son réalisateur, Olivier Weber. C'est un documentaire d' 1 heure 35, sorti en salle le 15 octobre.

            Voir un extrait du film ici (1 minute)

Il faut savoir que chaque année, 300 tonnes d'or sont extraites de la forêt d'Amazonie, et 120 tonnes de mercure y pénètrent. Pendant le temps du visionnage de ce film, 51 kilos d'or auront été récoltés, 20 kilos de mercure déversés, et l'équivalent de 700 terrains de football auront été déforestés. C'est ce désastre, ce sabotage, ces arbres abattus à la pelle mécanique et dont les racines rejettent un acide rouge ("la forêt saigne") que dénonce Olivier Weber, parti sur la trace des orpailleurs/pollueurs.

Pour trouver le métal précieux, ceux-ci utilisent le mercure (entré illégalement en Guyane via le Brésil et le Surinam) pour amalgamer les paillettes entre elles. Les orpailleurs amènent du même coup maladies, crimes, alcoolisme, prostitution, sida, esclavage... Ils transforment les fleuves en poubelles rouge/marron, et menacent de disparition les Amérindiens Wayanas, côté Guyane française, qui ont de plus en plus d'enfants malformés à force de manger du poisson empoisonné au mercure, avec des séquelles neurologiques et des cancers chez les plus agés.
Les cheveux des améridiens sont envoyés dans un laboratoire au Japon; on y décèle 3 à 6 fois les taux de mercure autorisés... On sait que beaucoup d'enfants finiront débiles.


Une scène du documentaire français d'Olivier Weber, "La Fièvre de l'or".
 
Le poumon de la planète est ainsi devenu l'un des pires théâtre de la mondialisation...
Cette soif de l'or dans une jungle sans loi favorise tous les trafics, les règlements de comptes.      
 Sous l'humus amazonien, un corps se décompose en soixante-douze heures... mais combien de milliers d'années faudra-t-il pour retrouvrer un humus sur ces terres dévastées?        

Un ancien orpailleur brésilien reconvertit en pêcheur dit: "On transforme le Paradis, Eden, en quelque chose de matériel. C'est notre propre destruction."

Tout ça pour quoi???

Pour que nous, occidentaux, puissions nous acheter des bijoux et des lingots... extrêment recherchés en ces temps de crise financière...( le cours du lingot avait triplé entre le 11 sept 2001 et le 15 sept 2008... et ça ne risque pas de s'arranger.)

Comme le dit si bien un orpailleur français dans le film: "L'or, le sang et la sueur... une belle soupe!"

Et bien non merci, je n'en mangerai pas de cette soupe là. Elle me donne la nausée.

Hélène

Publié dans Evènement

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Katia 29/10/2008 15:27

Merci Hélène pour cette découverte du docu. J'espère que vous allez bien
A bientôt
Katia