Le voyage = un bien de consommation comme les autres?

Publié le par Clémence

Au cours de soirées, j’ai souvent la même discussion avec mon ami Laurent.


Cet ami adore voyager. 
Il part plusieurs fois par an en vacances à l’étranger.
Il part quelques jours ou quelques semaines.
Europe, Afrique, Amérique latine… Soleil, montagne, steppe… Très bien.


Mais j’en finis toujours par lui poser la même question.
Ou plutôt j’en finis toujours par l’accuser.
« Est-ce que finalement tu ne consommes pas le voyage comme d’autres consomment des vêtements ou des jeux de wii ? » dit sur le ton du je-fais-style-que-je-te-pose-une-question, mais-en-fait-j’ai-déjà-un-avis.


Et comme Laurent est très loin d’être idiot, il a des arguments :
« Attends découvrir d’autres cultures ce n’est pas comme jouer à un jeu vidéo »
« Je voyage souvent certes mais je voyage à la roots – camping et auberges de jeunesse »
« Je pars très régulièrement c’est vrai, mais moi je ne m’achète pas 6 sacs à main par an »

Et comme c’est mon ami et que je ne veux pas que nous nous engueulions, la discussion s’en arrête souvent là.

Mais pourtant je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle :
- On frime sur les destinations où on est parti - d’autres le font sur les marques qu’ils portent
On multiplie les départs grâce à des offres low cost – d’autres font les destockages de grands
créateurs
- On appartient au club de « Ceux qui aiment le voyage » - d’autres font partie de celui des « Fans de shopping »

Bon…Je dois avouer ici que je consomme très peu de voyage avant tout parce que j’ai peur en avion…
Mais quand même est ce que le voyage ne peut-il pas être à un moment surconsommé ?...
 

Clémence

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Alexandre 12/05/2008 19:49

Bonjour à vous. Discussion intéressante ! Je pense pour ma part que dans la plupart des cas le tourisme est consommation : on consomme du folklore, de l'exotisme, des paysages... et finalement on consomme l'autre ! Comme disait Deleuze, "le tourisme c'est de la rupture à bon marché". Pourquoi faudrait-il aller loin pour aller "bien" ? Pourquoi a-t-on le sentiment de réussir ses vacances si l'on a pris l'avion ? Il n'y a aucun rapport causal, selon moi, entre la distance parcourue et la rencontre humaine ! Nombreux parmi nous parcourons des centaines de Km pour rencontrer d'autres cultures... alors que c'est à peine si nous disons bonjour à notre voisin ! En outre, et je finirais là dessus, les populations du Sud seront les premières victimes de la crise écologique provoqué, entre autre... par l'avion ! Sans oublier que plus l'homme blanc occidental voyage, plus les pays de destinations s'uniformisent culturellement et deviennent dépendant de l'argent drainer par le tourisme ! Je mets l'adresse de mon blog consacré à la décroissance, dont un article sur le tourisme : http://ex-croissance.over-blog.org/
Cordialement

vero0oo 27/04/2008 10:23

réflexion intéressante !
Je me reconnais bien dans le club de "ceux qui aiment voyager" et la frime sur les destinations, il y a du vrai...

En plus, avec l'impact écologique des trajets en avion, j'ai décidé d'être plus modeste. Voyager, oui, mais moins et mieux - en préparant chaque fois le voyage pendant plusieurs mois, en allant à la découverte des cultures aux portes de chez nous avant de penser au bout du monde...

Mais je garde dans un coin de ma tête l'exemple d'un prof de géographie qui par choix ne partait jamais en vacances à plus de 80 km de chez lui... comme extrême à ne pas atteindre

stravinski 23/04/2008 19:26

vous ne croyez pas que vous poussez un peu le bouchon ? à ce rythme là on ne fait plus rien, on pourrait tout aussi bien vivre comme il y a 2 siècles et donc être vieux ou vieille à 30 ans et mourir à 50 !

Judith 18/04/2008 16:13

consommer du voyage.... belle question...... je pense que la réponse est multiple ... tout d'abord quel voyage? Si le voyage signifie loisir, purement récréatif, et sans aucun intérêt culturel (entendons nous bien pas avec un grand C mais celui qui apporte tant par la rencontre que par la réflexion une lumière à notre réalité) ici effectivement il s'agit de divertissement qui tant par son coût financier que par son empreinte écologique doit d'être limité ....
Mais si celui-ci apporte rencontres, ouvertures, réflexions, quelles qu'elles soient je pense que cela ne peut pas se rapprocher de la consommation bassement mercantile...... il s'échange alors quelque chose d'abstrait, et souvent d'irréel mais qui est intrinsèquement lié à toutes nos volontés d'améliorer notre présent et notre futur ... la rencontre de la différence .......