Garnir son garde-manger à moins de 160 km...

Publié le par Helene Noel, Laure Noualhat

Bonjour à tous,

Commençons peu, mais commençons bien. Pour achalander mon garde-manger et mon frigo en produits locaux (et bios si possible), je me suis lancée dans une véritable investigation qui a démarré il y a quatre ans déjà. Ce genre de choses ne s'improvise pas mais cela se construit petit à petit. D'abord, j'ai décidé d'agir surtout sur les produits qui constituent la base de mon alimentation: pain, fromages, légumes, fruits. Je bois du thé vert tous les matins et quelques cafés par jour. N'ayant pas renoncé à ces boissons, je me contente de trouver ce qui vient d'un pays proche, et en tous cas, jamais par avion.

J'ai pris un compas et une carte de France. Basée à Paris, j'ai traçé un cercle de 160 km (mettons 200 pour être plus tranquille) et j'ai assimilé les contours de ce cercle. Blois, Troyes, Dieppe, Reims, ..., Légumes, andouillettes, poissons et crustacés, champagne et vins de la Loire ..., finalement, je n'ai pas besoin de grand chose d'autre!

Plus sérieusement, pour les légumes, je me suis inscrite à l'association des Paniers du Val de Loire (http://www.lespaniersduvaldeloire.fr/). Ce n'est pas tout à fait une AMAP mais le résultat est un peu le même: disons qu'une fois par semaine, je reçois un panier de légumes et de fruits de saison (12,50 euros). Ils sont produits par des maraîchers, des structures ou des producteurs tous issus du Val de Loire, autour de Blois (160 km).

Pour le pain, j'ai eu beaucoup de chance, par exemple, de rencontrer un certain William qui travaille à la Ferme de la Carrière (http://www.fermedelacarriere.com/), en Seine et Marne. Là-bas, on y fait pousser des céréales bios, et on fabrique un pain exquis, livré lui aussi sur Paris. Pour 5 euros hebdomadaires, je dispose d'une boule de pain semi-complète d'1 kilo qui dure la semaine. Jamais dur, ce pain est d'une rare splendeur gustative. Je vous invite tous à aller vous promener à la ferme, qui organise parfois des journées portes ouvertes avec des ateliers pain à la clef.

Pour les fromages, la Savoyarde d'origine que je suis use d'un subterfuge. Mon travail me permet et me contraint à bouger souvent: j'achète les fromages sur place. Je vais visiter ma famille en Rhône-Alpes? Beaufort, Tome des Bauges, reblochon, gruyère, ... Dès que je croise une fromagerie, je fonce et je fais le plein. Il faut supporter de se traîner des valises lourdes, et parfois odorantes, mais aussi de se priver de certains produits lorsque je suis assignée à résidence. Ces derniers temps, j'étais aux USA, alors question fromages ce n'est même pas la peine d'y penser, mais j'ai ramené des "nuts" du sud. A Noël, en Iran, j'ai fait le plein d'amandes, de pistaches, de fruits séchés (c'est un peu un pays de Cocagne et le fruit séché l'de leurs pêchés mignons)....Et ainsi de suite. Comprenons-nous bien: je ramène beaucoup de bouffe de mes voyages. C'est dit!

Pour les vins que je consomme avec assiduité, idem: je ramène des bouteilles ou des cubis au fil de mes errances, sinon, j'avoue que j'ai du mal à renoncer aux cotes du Rhône dont je raffole pour leur préférer des vins de Loire, de la bière ou du champagne... Les Bourgogne à la limite, mais après c'est mon porte-monnaie qui chougne.

Voilà pour ce que j'appelle mes produits de base. Bien sûr, restent les yaourts, le beurre, l'huile d'olive, le tamari, le soja, le sucre, les jus de fruits, les petits plaisirs chocolatés, les charcuteries, les viandes ou poissons herbivores, ... Je tends vers le régime local bio, cela implique quelques sacrifices, beaucoup de ratés et certains satisfactions.

Petits trucs: j'évite tous les plats préparés, je cuisine moi-même quitte à me contenter de raper des carrottes. J'ai de plus en plus de mal avec les trucs exotiques, la world-food, les restaurants pas bios qui servent des salades niçoises en plein mois de décembre, ... Comme je vous l'ai dit, je rentre d'un périple américain où les limites en matière de nourriture se sont toutes effondrées. Les buffets gargantuesques à volonté coûtent une misère (6 dollars...), la nourriture est omniprésente dans les publicités, sur les panneaux d'affichage, les écrans, ... Sans cesse on stimule votre désir, votre gourmandise, vos envies. Et surtout, on vous signale que rien, pas même l'argent, ne peut s'interposer entre ce désir et la nourriture. Si bien que même les voitures sont conçues pour que l'on puisse y manger ou siroter des calories, sans jamais en sortir.

Nous n'en sommes pas là en France, mais le pays de la bonne chère a aussi du mal à envisager de manger moins -et de faire comme les habitants de l'île d'Hokkaido au Japon et de sortir de table en ayant encore un peu faim.

Laure

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ervalena 07/06/2008 10:28

bravo pour les tuyaux! j'habite justement en seine et marne près de lagny: pour le pain je vais y songer! j'avais acheté une machine à pain mais il est beaucoup moins bon. J'en ai fabriqué aussi mais ça suppose avoir du temps... j'aurais dun mal à ne pas goûter aux côtes du rhône, mais c'est sûr je vais arrêter les kiwis néozélandais puisqu'on en a en France...

krystel 28/04/2008 22:26

dans le même esprit pour la region parisienne et pour celles qui ont le magasin bio trop loin et manque de temps
http://123bio.org/Index.php?page=accueil

CADET 03/04/2008 23:09

Je trouve cette initiative intelligente et d'utilité publique.
Pourquoi vivre comme des automates et courrir après
un "bien être" luxueux et illusoire alors que le vrai bien être se trouve dans notre respect de nous même, de notre rythme propre et du temps passé avec nos familles
(parents, enfants, compagnons) en harmonie et aussi nos voisins. Ou est la vraie richesse, ou est notre engagement dans la vie ? ou est la vraie vie ?